Les eurodéputés, dans leur écrasante majorité et quel que soit leur appartenance politique, ont exprimé leur soutien et enthousiasme quant à l’accord interinstitutionnel sur l'initiative React-EU, à l’occasion d’un débat en session plénière, mardi 15 décembre, en présence de la commissaire européenne à la Cohésion et à la Réforme, Elisa Ferreira. Certains n’ont pas hésité à émettre l’idée de rendre cet instrument permanent.
Nombreux ont été les eurodéputés, même ceux issus du groupe Identité et Démocratie, à se féliciter de la rapidité des négociations, de la poursuite des flexibilités introduites par les initiatives CRII et surtout CRII+ (EUROPE 12460/3) et, enfin, de certaines améliorations apportées par les colégislateurs.
Il s’agit, par exemple : - de l’introduction d'une rétroactivité via React-EU au 1er février 2020 pour prendre en compte les projets lancés durant la crise sanitaire ; - du taux de préfinancement fixé à 11% pour l’année 2021 pour fournir rapidement plus de liquidité ; - de la possibilité d’allouer des ressources jusqu’en 2023 ; - du renforcement du principe de partenariat ; - de l’intégration des projets transfrontaliers.
Surtout, la possibilité d'octroyer un cofinancement européen à 100% a été presque systématiquement salué (EUROPE 12604/2).
Plusieurs eurodéputés ont aussi salué le fait que React-EU couvre les régions ultrapériphériques et les îles, comme le Croate Tonino Picula (S&D).
Certes, la commissaire, ainsi que certains eurodéputés écologistes comme l’Allemand Niklas Nienaß ou l’Autrichienne Monika Vana, ont regretté que l’objectif de flécher 25% des financements sur les objectifs climatiques ne figure pas dans le corps du règlement. La Commission publiera une déclaration à cet égard lors de l'adoption de l'acte, a fait savoir Mme Ferreira. Par ailleurs, M. Nienaß a pointé du doigt le fait que le recours à Interreg ne soit pas obligatoire, alors que la pandémie comporte de nombreux aspects transfrontaliers.
D’autres eurodéputés se sont inquiétés du fait que les États membres ne soient pas en mesure d’absorber ces fonds, comme le craint Brando Benifei (S&D, italien), ou encore qu'ils ne soutiennent pas suffisamment le secteur culturel et touristique. À ce titre, Laurence Farreng (Renew Europe, française) a insisté pour que les autorités de gestion communiquent un maximum auprès des acteurs concernés.
Pour M. Benifei, l'initiative React-EU ne doit pas rester une initiative isolée, mais, au contraire, être suivie d'une initiative politique visant à la rendre permanente. « Nous ne pouvons pas manquer cette occasion », a-t-il lancé. (Pascal Hansens)