Alors que les ministres de la Pêche des pays de l’UE tentent d’aboutir, mercredi 16 décembre, à un accord sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2021, plusieurs ONG en faveur de la protection de la ressource ont tiré la sonnette d’alarme sur des décisions potentiellement néfastes pour les stocks de poissons (EUROPE 12620/17).
Rebecca Hubbard, de Our Fish, a souligné que la surpêche faisait perdre, en recettes, 1,6 milliard d’euros et 20 000 emplois par an.
Andrea Ripol de Seas At Risk, a évoqué le non-respect par les ministres de la Pêche de l’UE des avis scientifiques sur l’état des stocks. Par exemple, 46% des TAC ont dépassé, en 2020, les recommandations des scientifiques (41% en 2019). Parmi les stocks de poissons à risque lors de ce Conseil, elle a cité : le lieu jaune, la sole à l’ouest de l’Irlande et le cabillaud du Kattegat.
Jenni Grossman, de ClientEarth, a dénoncé les violations des règles sur l’interdiction de rejeter les poissons en mer, ce qui fait que les captures sont bien plus élevées que les TAC.
Jean-Christophe Vandevelde, de Pew Charitable Trusts, a évoqué les différents scénarios dans les négociations entre l’UE, le Royaume-Uni et la Norvège sur les stocks partagés. Il a confirmé la proposition de la Commission européenne visant à prévoir pour ces stocks, en 2021, 25% des volumes des TAC de 2020 au cours des prochains mois. Le risque est élevé de voir les négociations se solder par des décisions négatives pour la santé de certains stocks, a-t-il dit, en citant notamment le cabillaud de mer Celtique et de mer du Nord.
Javier Lopez, de Oceana, a prôné une réduction de 20% au moins de l’effort de pêche en Méditerranée occidentale en 2021, contre les 15% proposés par la Commission. (Lionel Changeur)