Les députés européens ont dressé, mardi 15 décembre, un bilan très mitigé du processus de Barcelone, lancé il y a 25 ans, appelant à le redynamiser.
« Quand le processus de Barcelone a été lancé, l’Union européenne avait déterminé des objectifs ambitieux : l’État de droit, les droits de l’homme, la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, le développement économique et social et la lutte contre le chômage des jeunes. Vingt-cinq ans plus tard, on est loin d’avoir atteint les objectifs et on fait face à de nouveaux défis», a résumé José Ramón Bauzá Díaz (Renew Europe, espagnol).
Pour son compatriote Carles Puigdemont (non inscrit), la Méditerranée est un « charnier » où se perdent les espoirs de milliers d’êtres humains et non la référence de paix, de stabilité et de prospérité partagées promise à l'époque.
Au-delà des critiques, les députés ont énoncé les domaines qui devraient être au cœur du partenariat entre l’UE et les pays du voisinage sud. Selon Salima Yenbou (Verts/ALE, française), il faut une politique à la hauteur des aspirations et des défis, un « grand plan avec le social, la culture, l’environnement et les valeurs en son cœur, un plan qui viserait les jeunes (…) et ferait de la mer Méditerranée une mer d’échanges et d’espoirs plutôt qu’un cimetière de migrants ».
Tonino Picula (S&D, croate) a souhaité des solutions pour transformer les défis traditionnels et nouveaux en occasions pour les deux rives de la Méditerranée.
« Il faut relancer l’idée d’un espace de libre-échange euroméditerranéen et le grand objectif de Barcelone pour la modernisation de l’économie et du social », a ajouté Francisco José Millán Mon (PPE, espagnol), espérant que la nouvelle stratégie européenne, prévue pour le printemps 2021, tiendra compte de la stabilité et de la prospérité de la région.
Si pour Antonio López-Istúriz White (PPE, espagnol), la lutte contre le terrorisme, la situation économique et la migration doivent faire l’objet d’un examen approfondi de la part de l’UE, pour Anna Bonfrisco (Identité et Démocratie, italienne), il faut aussi renforcer la gouvernance économique, attirer des investisseurs privés et mettre en avant la dignité humaine. Chez les Verts/ALE, l'Espagnol Jordi Solé a estimé qu'il ne pouvait pas y avoir de stabilité sans progrès social et une ouverture politique à la clé. Et le Français Mounir Satouri, quant à lui, a souhaité une économie « verte, redistributive et inclusive ».
Nathalie Loiseau (Renew Europe, française) a mis en avant l’importance des échanges entre les sociétés civiles. « Que nous soyons du Nord ou du Sud, nous n'avons pas seulement une histoire en partage, mais aussi un destin en commun », a-t-elle rappelé.
Certes, a reconnu le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, « les résultats sont minces, (mais) il y a beaucoup de volonté de s’engager, car les besoins sont grands ». « Le Parlement européen, la Commission et le Conseil doivent unir leur forces pour faire de la Méditerranée une mer de développement commun, de démocratie, de prospérité économique », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)