Les ministres des Finances de la zone euro demeurent déterminés à appliquer « vigoureusement » toutes les mesures budgétaires et économiques, aux niveaux européen et national, pour protéger l'économie et les emplois alors que l'Europe fait face à une deuxième vague de pandémie de Covid-19.
Les Dix-neuf estiment néanmoins que l'Europe est désormais mieux équipée pour faire face aux retombées économiques de la pandémie, ont-ils estimé dans une déclaration qu'ils ont adoptée mardi 3 novembre.
« Nous sommes plus forts ensemble » pour bâtir la reprise économique en mobilisant les ressources du marché intérieur, a indiqué Paschal Donohoe, président de l'Eurogroupe.
Il a rappelé les trois filets de sécurité - pour les travailleurs au chômage partiel (instrument SURE), pour les États (ligne de crédit du Mécanisme européen de stabilité) et pour les entreprises (fonds de garantie paneuropéen de la BEI) - mis en place en avril lors de la première vague pandémique.
Ces trois instruments sont opérationnels et, à part la ligne de crédit du MES, ont été mobilisés à hauteur de 87 milliards d'euros pour SURE (EUROPE 12590/12) et de 1 milliard pour le fonds BEI.
Reste que, selon les mots du commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, l'aggravation « dramatique » de la situation sanitaire depuis septembre accroît l'incertitude sur la conjoncture économique. Il a espéré une rechute moins forte qu'au printemps à la faveur de mesures de reconfinement adaptées et d'une meilleure préparation des opérateurs économiques.
L'Eurogroupe souligne l'urgence de parvenir à un accord interinstitutionnel sur la Facilité pour la relance et la résilience, l'instrument budgétaire au cœur du Plan de relance européen Next Generation EU, afin que l'aide européenne (672,5 milliards d'euros : 312,5 milliards de subventions et 360 milliards de prêts) irrigue l'économie au plus tôt en 2021.
Aujourd'hui, « l'urgence n'est pas de faire bouger les curseurs », mais d'aller le plus vite possible dans l'approbation du Plan de relance européen, avait dit une source de Bercy plus tôt dans la journée. Selon elle, il sera possible de tenir compte de l'impact de la deuxième vague au moment de l'approbation des plans nationaux de relance.
Alors que le Conseil de l'UE a arrêté sa position de négociation (EUROPE 12578/3), les eurodéputés se prononceront lundi 9 novembre (EUROPE 12551/11).
Voir la déclaration de l'Eurogroupe : https://bit.ly/3mPJrG0 (Mathieu Bion)