Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé à l’apaisement et au dialogue, mardi 3 novembre, après la réélection pour un troisième mandat d’Alassane Ouattara avec 94,27% des voix au premier tour, lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.
« L’UE attend de l'ensemble des parties prenantes qu’elles prennent l’initiative en faveur d’un apaisement du climat et d’une reprise du dialogue, en associant les nouvelles générations et en favorisant la réconciliation par des mesures très concrètes qui permettront de tourner la page de la violence et de la division », a souligné M. Borrell dans un communiqué. Il a prévenu que l’UE soutiendrait tout effort déployé dans ce sens par les acteurs nationaux et internationaux.
Le Haut Représentant a donc exprimé la « vive préoccupation » de l’UE concernant les « tensions, provocations et incitations à la haine » qui ont prévalu et continuent de subsister dans le pays autour de l’élection. « Les violences doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes afin que justice soit rendue dans les meilleurs délais », a-t-il ajouté. Ces violences en marge du scrutin ont fait au moins cinq morts.
De plus, prenant note de l’annonce des résultats provisoires par la Commission électorale indépendante (CEI), le Haut Représentant a souligné que l’absence de consensus sur le cadre électoral avait créé une fracture dans le pays. « De nombreux Ivoiriens se sont rendus aux urnes, mais de nombreux autres ne l’ont pas fait, soit par choix, soit par empêchement en raison des violences et blocages », a-t-il expliqué, mettant en avant les « très fortes disparités du taux de participation dans les différentes régions du pays ». Ce taux est de 53,90%.
Déjà, avant le scrutin, l’UE s’était inquiétée des violences et du manque de consensus entourant le processus électoral (EUROPE 12589/14). (Camille-Cerise Gessant)