Sans surprise, l’opposition démocratique biélorusse, qui était soutenue par les groupes PPE, S&D, Renew Europe et CRE, a remporté l’édition 2020 du Prix Sakharov décerné par le Parlement européen.
Il s’agit plus particulièrement : - du Conseil de coordination, « une initiative lancée par des femmes courageuses », la chef de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, la lauréate du Prix Nobel Svetlana Aleksievitch, la musicienne et activiste Maria Kolesnikova et les militantes politiques Volha Kavalkova et Veranika Tsapkala ; - et des représentants de la société civile et du monde politique : le vidéaste et prisonnier politique Siarhieï Tsikhanowski, le fondateur de l’organisation biélorusse Viasna de défense des droits de l’homme, Alès Bialiatski, le leader gréviste Siarhei Dyleuski, le fondateur de la chaîne Telegram NEXTA, Stsiapan Putsila, et le prisonnier politique Mikalaï Statkiévitch.
Le Prix leur sera officiellement remis le 16 décembre.
« Les manifestations de masse en Biélorussie ont ému le monde, depuis onze semaines maintenant », a rappelé le président du Parlement européen, David Sassoli, à l'annonce de la victoire de l’opposition démocratique biélorusse. « Félicitations au peuple pour son courage, sa résilience, sa détermination. Il représente au quotidien la définition de la liberté de pensée et de la liberté d’expression, ce que le Prix Sakharov soutient », a ajouté M. Sassoli, appelant les Biélorusses à continuer à être forts et à ne pas renoncer à leurs batailles. Le Parlement européen est à leurs côtés.
« Chacun des nominés représente des milliers de manifestants », a rappelé l'Allemand Michael Gahler. Selon le représentant du groupe PPE, en décernant ce Prix, le PE a voulu montrer son « respect pour la résistance à la dictature de Loukachenko » et confirmer sa « reconnaissance du Conseil de coordination en tant que représentant légitime des Biélorusses ». Croyant en « la sagesse commune des gens », Anna Fotyga (CRE, polonaise) a estimé que, « si les gens veulent la liberté et y sont attachés, la seule chose à faire est de les soutenir et de les aider ».
« Le Parlement européen est uni derrière la force et le courage du peuple biélorusse pour lutter pour la liberté et résister à la dernière dictature de notre continent », a ajouté Dacian Cioloș (Renew Europe, roumain).
Les groupes politiques ont aussi mis en avant la place des femmes dans ce mouvement. « Le visage de la liberté en Biélorussie est féminin. (Les femmes biélorusses) ont toutes notre plus grand soutien et notre plus grande admiration », a expliqué Kati Piri (S&D, néerlandaise). « Ce mouvement, dirigé pacifiquement et principalement par des femmes, est à l'avant-garde de la lutte contre une dictature brutale et fait preuve d'une bravoure exemplaire dans la défense de la liberté et de la justice », a ajouté le groupe Verts/ALE, sur Twitter.
Hommage au mouvement Guapinol. Par ailleurs, lors de l’annonce du prix, M. Sassoli a rendu hommage à Arnold Joaquín Morazán Erazo, assassiné mi-octobre (EUROPE 12582/29). Il était membre du groupe écologiste Guapinol, qui, avec Berta Cáceres, était finaliste du Prix Sakharov 2020, sur proposition des groupes Verts/ALE et GUE/NGL.
M. Sassoli a appelé à l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et crédible sur le meurtre de cet opposant à une mine d’oxyde de fer au Honduras, afin que les responsables répondent de leurs actes.
Le troisième finaliste, proposé par le groupe Identité et Démocratie, était Monseigneur Najeeb Michaeel, archevêque de Mossoul.
« En Biélorussie, au Honduras, en Irak, partout dans le monde, personne ne doit être poursuivi pour avoir fait part de ses opinions », a rappelé le Président du Parlement européen. (Camille-Cerise Gessant)