Les négociations avec le Parlement européen tournent en rond, mais, malgré cela, les dirigeants de l’UE ont indiqué, jeudi 15 et vendredi 16 octobre à Bruxelles, qu’ils ne voulaient pas rouvrir le compromis arraché dans la douleur en juillet dernier sur le Plan de relance de l’économie de l’UE et le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027. Des ajustements techniques sont possibles pour dégager des fonds supplémentaires pour les programmes de l’UE prioritaires, mais rien de plus, ont-ils martelé.
Le Parlement européen réclame une hausse de 39 milliards d’euros pour renforcer 15 programmes phares de l’UE, dont 22 milliards proviendraient de nouvelles contributions des États membres (EUROPE 12582/3).
La Présidence allemande du Conseil se dit prête à concéder une hausse de 9 milliards d'euros maximum sans toutefois alourdir la contribution des États membres, en utilisant la ‘marge pour imprévus’.
Conserver le mandat actuel. La chancelière allemande, Angela Merkel, qui assume la Présidence semestrielle du Conseil de l’UE, a indiqué vendredi 16 octobre que ses homologues avaient discuté la veille avec David Sassoli, président du PE. « Tous les collègues ont salué les négociations avec notre mandat », a dit la chancelière, expliquant qu'il faut donc mettre en œuvre l’accord de juillet. « On doit aller vite ». Le CFP et le Plan de relance vont ensemble. « En d'autres termes, il ne sera pas possible d'obtenir un vote unanime sur le Plan de relance à moins de connaître exactement les chiffres du CFP et, bien sûr, le paquet 'État de droit' en fait partie », a rappelé Mme Merkel.
Elle a estimé que « nous devrions pouvoir parvenir à un accord dans les prochains jours ou semaines ».
Ne pas fragiliser l'accord. Emmanuel Macron, le président français, a lancé : « Il faut bâtir les conditions pour un accord le plus rapide possible ». « On peut toujours améliorer l’accord, mais, si améliorer est fragiliser l’accord, on ne va pas dans le bon sens, on prend des risques », a-t-il mis en garde. L’épidémie reprend partout, nous sommes dans cette seconde vague et, vraisemblablement, nous aurons à redéfinir une réponse orchestrée. « Le moment est plutôt à l’esprit de compromis entre les institutions », a estimé M. Macron.
Andrej Plenković, président du gouvernement croate, a jugé important de mettre au point les étapes législatives restantes, « afin de s'assurer que nous puissions commencer à utiliser les fonds du CFP et du Plan de relance au début de l'année prochaine ».
Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas, a estimé, comme d'autres, qu'il ne fallait pas relever les plafonds du CFP et qu'il y avait encore des divergences sur la conditionnalité 'État de droit'. Il a rappelé que son pays ne soutient pas le compromis présenté par la Présidence allemande du Conseil, car il ne le juge pas assez ambitieux. (Lionel Changeur, avec la rédaction)