Les subventions aux combustibles fossiles dans l’Union européenne se sont élevées à 50 milliards d’euros en 2018, soit une hausse de 6% depuis 2015, indique une annexe au rapport 2020 sur l’état de l’Union de l’énergie (EUROPE 12582/18) publiée par la Commission européenne mercredi 14 octobre.
Cela correspond à un peu moins du tiers des subventions à l’énergie, le montant total de ces subventions s’élevant à 159 milliards d’euros en 2018 (soit une augmentation de 5% par rapport à 2015).
Sur ces 159 milliards, plus de la moitié des subventions soutiennent la transition vers une énergie propre, mais la hausse des subventions aux énergies renouvelables faiblit, précise en outre l’annexe.
Cette hausse n’a ainsi été que de 4% depuis 2015. Les subventions en faveur de l’efficacité énergétique ont, en revanche, augmenté de 21% sur la même période.
Disparités entre États membres
Selon ce document, les subventions aux combustibles fossiles ont porté essentiellement sur la consommation de produits pétroliers, en particulier en France et en Italie, alors que les subventions en Allemagne ont surtout concerné le charbon et le gaz.
La hausse la plus significative a été enregistrée en France, où les subventions aux énergies fossiles ont augmenté de plus de 2 milliards d’euros, soit 27%, entre 2015 et 2018, en raison notamment des mesures de soutien à la consommation de carburant dans le transport de marchandises.
Toutefois, certains États membres, tels que l’Autriche, le Danemark, l’Estonie et la Hongrie, sont allés à l’encontre de cette tendance générale à la hausse et ont considérablement réduit leurs subventions aux combustibles fossiles, précise la Commission.
Intensifier les efforts
Constatant ainsi que les subventions en faveur des combustibles fossiles « n’ont pas diminué de manière substantielle au cours de la dernière décennie », mais ont même augmenté au cours des dernières années, l’institution estime qu’il faut « intensifier les efforts visant à réduire les subventions et à les réorienter (…) vers des mesures favorisant la transition énergétique ».
Elle note en outre qu’une comparaison de son analyse avec les données fournies dans les plans nationaux Énergie/Climat (PNEC) des États membres a démontré que ces derniers ont sous-estimé les subventions aux énergies fossiles dans leurs plans.
Soulignant que seuls quelques PNEC contiennent des mesures détaillées pour supprimer progressivement ces subventions, la Commission envisage de fournir des orientations précisant la notion de ‘subventions énergétiques’, y compris celles relatives aux combustibles fossiles, afin de rendre les futurs rapports d’avancement « plus complets et plus précis ».
Voir l’annexe et le rapport sur l’état de l’Union de l’énergie : https://bit.ly/34ZncGj ; https://bit.ly/375PD84 (Damien Genicot)