Plusieurs membres de la société civile biélorusse ont demandé à l’Union européenne de faire encore davantage pour aider la population, vendredi 16 octobre, lors d’une audition en commission Affaires étrangères et en sous-commission des droits de l’homme sur la lutte contre l’impunité en Biélorussie.
« L’UE devrait activer tous les leviers possibles et prévoir un ensemble de mesures possibles », a plaidé Harry Pahaniaila, chef de la commission juridique du Comité Helsinki de Biélorussie.
Le directeur du centre Viasna, Alès Bialiatski, a appelé à des sanctions supplémentaires. « Il y a plus de 500 personnes persécutées sur base politique. La pression politique ne devrait pas être affaiblie », a-t-il expliqué. « Un des leviers pour libérer les prisonniers politiques serait de faire pression sur M. Loukachenko pour qu’il commence à envisager un dialogue », a-t-il ajouté. Selon lui, une coopération entre l’UE et les États-Unis est nécessaire pour sanctionner les oligarques proches de M. Loukachenko, qui commercent sur les deux continents. « Cela porterait un coup majeur à Loukachenko et sa famille et les inciterait à relâcher des prisonniers », a-t-il estimé, rappelant que cela avait fonctionné en 2011.
Pour l’avocate spécialiste des droits de l’homme Eugenia Andreyuk, le PE devrait créer une commission d’enquête sur la situation en Biélorussie. « Cela pourrait aider la société civile à retracer, à documenter les violations des droits de l’homme », a-t-elle expliqué, alors qu’une telle demande devrait être prochainement examinée par la conférence des présidents.
Pahaniaila a estimé qu’il fallait créer « un centre qui va collecter les preuves, documentant les crimes du régime, nécessaires pour passer devant un tribunal et pour des poursuites judiciaires ». « Selon nous, cela pourrait entraîner un changement de situation, faire comprendre que l’impunité prend fin et que, tôt ou tard, les responsables seront jugés et punis », a-t-il expliqué.
Mme Andreyuk a également demandé aux eurodéputés « d'insister auprès de (leurs) gouvernements pour lancer des procédures auprès de juridictions pénales internationales ». (Camille-Cerise Gessant)