Les députés européens continuent de faire pression contre la décision de la Commission d’octroyer un contrat au gestionnaire d’actifs américain BlackRock pour mener une étude sur l’intégration des facteurs environnementaux et sociaux dans la supervision des banques. Une nouvelle question écrite à la Commission, cosignée par 25 eurodéputés issus des groupes RE, S&D, Verts/ALE et GUE/NGL a été déposée, vendredi 2 octobre, à l’initiative du député Pascal Durand (Renew Europe, français).
Déçus des réponses de la Commission à leurs précédentes questions écrites (EUROPE 12510/20), les députés européens reviennent à la charge sous un angle nouveau. Ils demandent cette fois-ci l'accès à l'engagement de BlackRock d'assurer une ségrégation physique des personnes travaillant sur cette étude et le reste des services de l'entreprise - engagement qui, selon la Commission, est adossé au contrat avec BlackRock.
Les députés veulent en outre s'assurer que BlackRock opèrera aussi une ségrégation financière entre la maison mère et sa filiale en charge de l'étude, puisque les intérêts financiers se rejoignent et que les recommandations de l'une bénéficieront forcément à l'autre.
Ils interrogent par ailleurs la Commission quant au risque de mettre en péril la souveraineté de l'UE en donnant à une société américaine une marge de manœuvre importante pour influencer les législations européennes avec ce contrat.
Les députés reviennent aussi sur l'offre de BlackRock et demandent à la Commission de partager les éléments qui l'ont conduite à considérer que l'offre n'était pas anormalement basse.
Saisie par le député Damien Carême (Verts/ALE, français), la Médiatrice européenne devrait bientôt rendre ses conclusions finales (EUROPE 12560/23) dans cette affaire.
Voir la question écrite : https://bit.ly/3liXRh3 (Marion Fontana)