Le négociateur de l’UE sur les relations futures avec le Royaume-Uni, Michel Barnier, s’est rendu à Berlin, lundi 5 octobre, à la rencontre de la chancelière allemande, Angela Merkel, pour faire le point des négociations avec Londres.
Cette visite intervenait deux jours après un échange téléphonique entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, au cours duquel a été actée l’intensification des travaux pour trouver un accord avant la fin du mois.
Michel Barnier, qui pourrait avoir de nouveaux contacts informels le 9 octobre avec son homologue britannique, David Frost, sera aussi auprès des ambassadeurs des États membres auprès de l’UE ce 7 octobre pour évoquer le prochain Conseil 'Affaires générales' et le prochain Sommet européen des 15 et 16 octobre, qui accueillera une discussion plus en profondeur sur les négociations.
En fin de semaine dernière, les deux négociateurs s’étaient quittés sur le constat de divergences persistantes sur la pêche, les conditions de concurrence équitables, mais aussi le cadre de gouvernance.
La présidente de la Commission et Boris Johnson ont ensuite pris note, samedi, de l’état d’avancement des discussions et de la persistance « de divergences significatives » et sont convenus de les poursuivre « intensivement » pour parvenir à un accord. Londres et l’UE ont donc en principe jusqu’à la fin du mois, voire au tout début novembre, pour réussir cet accord. Toutefois, selon une source diplomatique, les pourparlers n’ont pas produit « d’avancées significatives » et les difficultés restent entières sur les derniers points de contentieux.
Sur la pêche, Londres aurait ainsi fait des offres d’accès aux eaux britanniques en fonction de périodes transitoires avec une sorte d'élimination progressive de cette facilité, ce qui est jugé insuffisant par les États membres les plus concernés, car « on ne règle que le calendrier et non le problème de fond », le problème de fond étant pour l’UE de s’assurer un accès aux eaux équivalent à l’accès actuel.
Sur la question des règles du jeu équitables, une solution satisfaisante n'a pas encore pu être trouvée sur la question des aides d’État, ni sur celle des normes sociales, environnementales ou fiscales.
Les Vingt-sept feront donc un point complet, les 15 et 16 octobre, avec à l’esprit que mieux « vaut pas d’accord du tout qu’un mauvais accord », ajoute cette source, l’UE pouvant faire face à une situation de no deal en janvier. C’est aussi ce que Boris Johnson a affirmé ce week-end, assurant, lors d'une émission de télévision, que le ‘no deal’ « n’est pas ce que je souhaite, mais on peut vivre avec ». (Solenn Paulic)