Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, a donné quelques détails, lundi 28 septembre à Berlin, sur la façon dont il compte faire avancer le 'Pacte sur l’Asile et la Migration', présenté le 23 septembre(EUROPE 12566/1), sous la Présidence allemande du Conseil de l’UE.
Après la vidéoconférence informelle organisée le 8 octobre, qui permettra un premier échange de vues sur cet ensemble de propositions, une réunion « physique » - espère M. Seehofer - aura lieu entre les ministres au mois de novembre à Bruxelles, pour faire avancer le dossier. En décembre, en présentiel également, se tiendra la réunion formelle déjà prévue à l’agenda, le ministre se disant ici « confiant » qu’un « accord politique » impliquant la plupart des États membres sera trouvé sur les principaux dispositifs du Pacte.
Le ministre s’exprimait dans le cadre d’une visite à Berlin du vice-président de la Commission, Margarítis Schinás. La commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, les accompagnait virtuellement pour débattre du paquet de textes mis sur la table, entre nouvelles procédures à la frontière, opérations de retours et solidarité en temps de crise.
Notant qu’il convient de ne pas commenter « automatiquement » les propositions, mais plutôt de se mettre directement au travail sur leur contenu, le ministre allemand a estimé que le Pacte constituait une « bonne proposition » couvrant tous les domaines de la migration. « On fera de notre mieux » pour le faire avancer, a dit Horst Seehofer, espérant que des adoptions pourront ensuite intervenir sous Présidence portugaise.
La commissaire Ylva Johansson, qui avait rencontré plus tôt à Bruxelles le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés, Filippo Grandi, a appelé à nouveau « à dédramatiser » le débat sur la migration. Le vice-président, pour sa part, a demandé d’éviter les « choix binaires, entre solidarité ou responsabilité, obligation ou aide volontaire ».
Les deux responsables de la Commission ont défendu leur travail, notamment le calendrier de présentation après de nombreuses sessions de consultation avec les États membres. La commissaire a aussi défendu l’action de la Commission à Lesbos et Moria, rappelant que les efforts entrepris avaient permis, dans les derniers mois, de vider le camp de la moitié de sa population.
Réagissant aux critiques d’une Europe forteresse, Mme Johansson a assuré que le droit à l’asile serait protégé et que toute personne persécutée ou cherchant une protection aurait le droit de venir dans l’UE.
Le ministre allemand veut, pour sa part, mettre sur la table la question de la migration légale de travail « des personnes qui ne sont pas persécutées, mais peuvent venir » dans l’UE répondre à des besoins de main-d'œuvre.
L’agenda de la réunion du 8 octobre a été confirmé lundi matin par les ambassadeurs auprès de l'UE : avec un premier échange de vues sur le Pacte, ils auront des discussions ou un point d’information sur le partenariat européen de police et sur les partenariats de migration avec les pays tiers (Afrique et Balkans occidentaux). (Solenn Paulic)