La Commission européenne devrait publier, « dans les prochains jours », un projet de recommandation du Conseil de l'UE en vue de coordonner l'action des États membres dans la lutte contre la Covid-19. C'est ce qu'a annoncé, mardi 1er septembre, un porte-parole de l'institution, invité à se prononcer sur la décision unilatérale de la Hongrie de fermer ses frontières intérieures à l'espace Schengen de libre circulation (voir autre nouvelle).
Les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper) discuteront, mercredi 2 septembre, des mesures qui pourraient figurer dans la recommandation. Ils baseront leurs échanges sur un document non officiel préparé par la Présidence allemande du Conseil de l'UE et qui propose une série de « vis de réglage » ('set screws').
Dans ce document, Berlin évoque la possibilité d'utiliser les mêmes données quantitatives et qualitatives partout en Europe et d'utiliser une cartographie conjointe et claire de ces données, qui devront être analysées sur base du même niveau (national ou infranational).
La Présidence allemande suggère aussi une analyse commune du risque épidémiologique, sur base de seuils communs (par exemple : taux d'incidence, taux de dépistage, occupation des lits en soins intensifs ou combinaison de critères), ainsi que l'élaboration d'une liste commune des zones à risque. Enfin, l'Allemagne appelle à faire circuler l'information et à prévoir un cadre commun de mesures à déclencher vis-à-vis des zones à risque (dépistage, masques, reconfinement, etc.).
La semaine dernière, la Commission européenne avait déjà fait circuler l'idée d'introduire des « critères communs déterminant le risque épidémiologique », un « système de codes de couleurs pour identifier les zones à risque » et « les mesures à mettre en place au retour de ces zones à risque » (EUROPE 12549/6).
D'après nos informations, la France a également soumis une contribution écrite pour alimenter les discussions du Coreper.
« Nous verrons mercredi si tous les États membres de l'UE peuvent soutenir l'idée d'une coordination plus étroite dans le cadre de la Covid. Ce sera un exercice délicat, puisqu'il s'agit entièrement d'une compétence nationale », a commenté un diplomate européen. (Sophie Petitjean)