Alors que l’étude d’impact de la Commission européenne relative à une éventuelle augmentation de l’objectif climatique de l’Union européenne fixé pour 2030 est en cours de finalisation, il en ressort d’ores et déjà qu’une réduction de 50 à 55% des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’UE au cours des dix prochaines années est « réalisable » et « peut soutenir une croissance économique durable », a révélé le vice-président exécutif de l’institution chargé du Pacte vert européen, Frans Timmermans, mardi 1er septembre, lors d’un événement organisé par Bruegel.
Étant donné que l’évaluation de la Commission sera officiellement présentée dans les semaines à venir, le vice-président n’a en revanche pas fourni davantage de détails.
Selon une source, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pourrait annoncer un objectif de 55% lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, le 16 septembre prochain.
L’étude de la Commission est en tout cas très attendue, notamment par certains États membres fortement dépendants des énergies fossiles qui jugent un tel rehaussement irréaliste et s’inquiètent de l’impact socioéconomique des efforts qu’ils devraient ainsi consentir (EUROPE 12527/3).
Au cours de l’événement, le vice-président a en outre tenu un discours résolument optimiste en faveur d’une relance guidée par le Pacte vert et tournée vers les secteurs d’avenir et non pas les industries « dont nous savons qu’elles n’ont pas d’avenir ».
Il a notamment insisté sur l’importance de la taxonomie européenne (EUROPE 12538/18), afin que la finance cesse d’être le problème, mais puisse « aider à trouver la solution » en « passant d’investissements bruns aux investissements verts ».
Interrogé sur la politique qu’il estime être prioritaire, M. Timmermans a déclaré qu’il privilégierait l’initiative 'vague de rénovations' (EUROPE 12484/16) s’il ne devait en choisir qu’une.
Selon lui, la rénovation des bâtiments permet en effet de répondre aux besoins économiques à court terme de l’après-Covid en créant des emplois locaux et en diminuant les factures d’énergie, tout en contribuant à l’objectif à long terme de décarbonation. (Damien Genicot)