La Présidence tournante du Conseil de l'UE a présenté ses priorités de travail à la commission de la culture et de l'éducation du Parlement européen, mardi 1er septembre. Pas moins de cinq ministres ou représentants du gouvernement allemand ont répondu pendant 2 heures, par visioconférence, aux questions qui leur étaient posées.
Les députés dénoncent un sous-financement du secteur
Au cours de la discussion, les eurodéputés se sont montrés particulièrement inquiets quant à l'impact de la pandémie de Covid-19 sur le secteur culturel et créatif ainsi qu'au sujet du récent accord trouvé par les chefs d'État ou de gouvernement sur le budget de l'UE 2021-2027.
« La Covid-19 est une véritable menace existentielle pour le secteur de la culture. On ne peut pas abandonner ce secteur. Dans les négociations relatives au cadre financier pluriannuel, nous ne sommes pas prêts à accepter n’importe quoi », a déclaré, en ouverture de séance, la présidente de la commission, Sabine Verheyen (PPE, allemande). Et elle a conclu par la phrase suivante : « Si on ne multiplie pas par deux le budget d’Erasmus, avec tout ce qui a été prévu, c’est croire à la magie. Comment va-t-on faire plus avec moins ? »
La déléguée du gouvernement fédéral pour la culture et les médias, Monika Grütters, a reconnu les effets délétères de la crise et a appelé à soutenir dans la durée ces secteurs durement frappés. « Nous avons besoin de votre aide pour que 'Creative Europe' ne soit pas seulement consolidé en tant que programme, mais que la culture soit davantage intégrée dans le programme de relance », a-t-elle déclaré, apportant son soutien à une « préaffectation » des fonds. De son côté, la ministre fédérale de l’Éducation et de la Recherche, Anja Karliczek, a dit partager la déception des députés. « Nous aurions aimé avoir un budget plus important pour Erasmus, mais le résultat a été arrêté et fait office de compromis. Ce qui est important, c’est que ça puisse commencer en 2021 et se poursuivre ».
Les priorités allemandes
Mme Karliczek a aussi insisté sur l'impact de la crise sanitaire sur l'enseignement, soulignant que la rentrée scolaire avait depuis « bel et bien eu lieu dans la plupart des pays européens ». Elle a également fait la promotion de l'éducation professionnelle comme alternative de qualité à la voie universitaire. Et elle a dit se réjouir de la publication prochaine du plan d'action pour l'éducation numérique.
Monika Grütters, de son côté, a largement insisté sur un journalisme de qualité.
Pour le reste, les autres représentants allemands ont présenté les grandes lignes du programme de travail allemand intitulé 'Ensemble pour la reprise européenne'.
La ministre adjointe chargée de la Politique culturelle internationale, Michelle Müntefering, a soufflé l'idée d'inscrire un fonds d'aide aux initiatives culturelles dans une stratégie européenne en faveur des relations culturelles internationales. Elle a également fait savoir qu'elle réfléchissait à la mise en place d'un mécanisme technique de secours pour réagir en cas de crise, comme celle qui a touché Beyrouth, au Liban, ou Notre-Dame de Paris, en France.
Le secrétaire d'État Stephan Mayer, responsable du Sport, a exprimé son ambition de soutenir les valeurs du sport, les dimensions socioéconomique et transsectorielle du sport ainsi que la promotion de l’activité sportive et d’un mode de vie sain.
La ministre fédérale de la Famille, Franziska Giffey, a insisté sur le lien entre les jeunes et la démocratie. (Sophie Petitjean)