La Médiatrice européenne, Emily O'Reilly, a félicité, mardi 1er septembre, l'Autorité bancaire européenne (ABE) pour avoir suivi ses recommandations en matière de pantouflage, à la suite de l'affaire 'Farkas'.
En mai, dernier, la Médiatrice avait en effet conclu que l’ABE n’aurait pas dû autoriser le transfert d'Adam Farkas, son ancien directeur exécutif, à l’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME), l’un des principaux lobbies du secteur financier (EUROPE 12484/19).
Dans sa réponse aux recommandations, l’ABE confirme qu’elle est désormais prête à interdire à ses cadres supérieurs d’occuper certains postes lorsqu'ils quittent l’ABE et indique qu'elle a adopté une nouvelle politique d'évaluation des restrictions et interdictions imposées au personnel qui change d’emploi.
Par ailleurs, l’ABE reconnaît qu’il lui a fallu un « certain temps » pour supprimer complètement l'accès de M. Farkas aux informations confidentielles contenues dans les systèmes de l’ABE, mais assure que des procédures internes ont désormais été mises en place afin de suspendre immédiatement l'accès à ces informations sensibles.
Mme O'Reilly a également salué la décision de la Commission européenne de suspendre, jusqu’au 1er février 2022, les réunions entre la Commission et M. Farkas (EUROPE 12546/19).
De son côté, la coalition Change Finance, qui avait saisi la Médiatrice européenne dans cette affaire, ne semble pas totalement convaincue par ces nouvelles mesures.
Elle s’est certes félicitée que, pour la première fois, des critères post-emploi aient été fixés. Néanmoins, a-t-elle estimé, des lacunes subsistent, par exemple l’absence de sanctions pour le personnel de l’ABE en cas de non-respect des restrictions. En outre, les règles ne sont ni automatiques ni obligatoires et il n'existe pas d'organe indépendant pour les faire appliquer.
Voir la réponse de l’ABE : https://bit.ly/3bijx8Z (Marion Fontana)