Afin d’empêcher l’annexion d’une partie des territoires de Cisjordanie par Israël, il est nécessaire que l’Union européenne en débatte et agisse dès à présent, à travers des efforts diplomatiques, plutôt que prétendre ne pas connaître les projets israéliens, a estimé le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, jeudi 18 juin, à l’occasion d’un débat avec les eurodéputés sur une possible annexion.
Étant donné que les projets d’annexion israéliens sont bien connus, l’UE ne doit pas faire la politique de l’autruche, a ainsi répondu M. Borrell à certains eurodéputés de droite, tels que Paolo Borchia (ID, italien), Antonio López-Istúriz White (PPE, espagnol) et Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais).
Ces derniers ont en effet exprimé leur incompréhension de débattre d’un sujet qui ne s’est pas encore concrétisé (EUROPE 12488/12), tout en reprochant à l’UE de s’ingérer dans les affaires israéliennes en oubliant, selon eux, de faire preuve de neutralité.
Du côté des groupes de gauche, les eurodéputés qui ont pris la parole ont souligné que cette annexion violerait le droit international.
À ce sujet, bien que l’unanimité ne soit actuellement pas atteinte, le Haut Représentant a rappelé que 25 États membres sur 27 soutiennent l’adoption d’une déclaration qualifiant cette annexion de « contraire au droit international » (EUROPE 12490/22).
Certains parlementaires tels que Manu Pineda (GUE/NGL, espagnol) et Evin Incir (S&D, suédoise) ont en outre réclamé davantage d’actions concrètes, en particulier l’annulation de l’accord d’association avec Israël.
Enfin, Maria Arena (S&D, belge) et Ernest Urtasun (Verts/ALE, espagnol) ont déploré le fait que, la veille, le Parlement a rejeté (278 voix pour, 388 contre et 20 abstentions) la demande de report du vote sur la ratification de l’accord aérien avec Israël. Initiée par le groupe S&D, cette demande reposait sur le fait que ratifier cet accord dans le contexte israélo-palestinien actuel serait perçu comme un blanc-seing octroyé à Israël.
À l’heure où nous mettions sous presse, les résultats du vote sur la ratification de l’accord n’étaient pas encore connus. (Damien Genicot)