Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, s'est fait le chantre de la solidarité européenne avec les pays partenaires de l'UE les plus vulnérables dans le cadre de la réponse mondiale au nouveau coronavirus, mais aussi de la « lutte contre la désinformation », lors d'un débat, jeudi 18 juin, sur les répercussions de la pandémie sur les relations extérieures de l'UE.
Josep Borrell a rappelé que plus de 35 milliards d'euros étaient déjà mobilisés par l'UE pour aider les pays les plus vulnérables d'Afrique, d'Amérique latine et du voisinage (EUROPE 12501/5). Il a appelé les députés à soutenir les 10,5 milliards € additionnels prévus pour l’action extérieure dans la proposition de budget révisé 2021-2027.
Au-delà de l'impact économique et sanitaire de la pandémie, les eurodéputés ont jugé que l'ampleur de cette crise, qui a bouleversé l'équilibre géopolitique mondial, appelait à un repositionnement de l'UE pour se donner les moyens d'être un acteur majeur sur la scène internationale.
Détérioration de la démocratie, désinformation, cyberattaques, isolationnisme sont des menaces sans précédent qui nécessitent une réaction multilatérale et coordonnée, a estimé David McAllister (PPE, allemand). Il s’est dit convaincu qu’il faut renforcer l’autonomie stratégique de l'UE et promouvoir le multilatéralisme.
« La pandémie a mis à l’épreuve l'ambition affichée par la Commission pour l'UE d'être un acteur 'puissant' », a estimé Malik Azmani (Renew Europe, néerlandais). Selon lui, « Ce qui se passe à la frontière entre la Chine et l'Inde » exige que « l'UE agisse rapidement en tant qu’acteur mondial puissant ».
Estimant que « la Chine ne s’est pas comportée comme un partenaire », Marco Dreosto (ID, italien) a appelé l'UE à demander une enquête internationale pour comprendre les causes et les origines de la pandémie.
La GUE/NGL a critiqué les dépenses militaires, estimant qu'elles ne servent pas à faire face à la crise et que l'enjeu de l'après-crise, ce sont les droits humains avant tout. Pour les Verts/ALE, l'UE doit se battre « pour nos valeurs, nos intérêts, ce qui nécessite de chercher des alliés ».
Face à l'accélération des tensions entre les États-Unis et la Chine, « l'UE doit trouver sa propre voie. Mais indépendance ne veut pas dire équidistance de tous les partenaires », a déclaré M. Borrell, soulignant l'importance des relations transatlantiques, même s'il existe « quelques différends avec l’administration américaine », a-t-il estimé.
À ceux qui lui ont reproché d'être trop clément avec la Chine, il a répondu : « on ne peut classer les relations avec la Chine dans une catégorie unique » eu égard à la complexité des relations avec ce pays.
Selon lui, ces relations doivent se fonder sur la confiance, la transparence et la réciprocité. « La Chine est clairement un partenaire indispensable pour régler des problèmes mondiaux comme la pandémie et le changement climatique, mais les droits humains demeurent une question contentieuse », a-t-il dit. En témoigne la loi de sécurité nationale à Hong Kong (voir autre nouvelle). (Aminata Niang)