Si ce n’était pas le cas il y a encore quelques années, la Chine est désormais une des priorités de l’OTAN, a reconnu, mercredi 17 juin et jeudi 18 juin, le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.
Et bien que les Alliés s’inquiètent particulièrement de l’armement russe, la Chine n’est pas en reste. Le secrétaire général a ainsi appelé Pékin à s’engager dans le contrôle des armes, le désarmement et la non-prolifération. « En tant que grande puissance militaire, la Chine a également de grandes responsabilités. En tant que puissance mondiale montante, il est donc grand temps que la Chine participe au contrôle mondial des armements », a-t-il souligné devant la presse, à l’issue des réunions des ministres de la Défense des pays membres de l'organisation.
M. Stoltenberg n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que la Chine avait désormais le deuxième budget de défense le plus important au monde, qu’elle investit « massivement » dans de nouveaux systèmes d'armes à longue portée et des systèmes de missiles pouvant atteindre tous les pays de l'Alliance et qu’elle modernise ses capacités maritimes. « Au cours des cinq dernières années, les Chinois ont ajouté 80 navires et sous-marins à leur marine. Cela correspond au nombre total de navires et de sous-marins dans la marine du Royaume-Uni », a-t-il comparé.
Au-delà de l’aspect purement militaire, M. Stoltenberg a rappelé que la Chine se rapprochait géographiquement des Alliés, en investissant « fortement » en Afrique, dans l’Arctique, mais aussi au sein même de certains pays membres de l’OTAN. « Et bien sûr, nous les voyons aussi dans le cyberespace », a ajouté le Secrétaire général.
Une présence qui inquiète les Alliés. Ces derniers ont ainsi adopté, jeudi 18 juin, une mise à jour de leurs lignes directrices nationales, leurs « exigences de base en matière de résilience, lorsqu'il s'agit d'infrastructures essentielles, d'énergie, de transport, mais aussi de systèmes de santé ». Ces lignes directrices porteront également sur les cyberattaques, les chaînes d'approvisionnement et les défis liés à la propriété et au contrôle étrangers. Des domaines dans lesquels la Chine est bien présente.
L’OTAN a également mis à jour, en octobre dernier, ses exigences de base en matière de télécommunications, notamment en lien avec le développement de la 5G, domaine où, là encore, la Chine, avec Huawei, a un rôle de choix. (Camille-Cerise Gessant)