Les députés européens ont souligné, jeudi 18 juin, lors d'un débat en session plénière, leur soutien au peuple hongkongais après l’adoption par la Chine de la loi sur la sécurité nationale, demandant à l’UE de faire davantage pression sur Pékin, notamment lors du sommet du 22 juin.
« On condamne ce que font les autorités chinoises à l’encontre de la démocratie, au côté du peuple de Hong Kong, dans la défense de leurs droits et leur autonomie », a résumé Andrius Kubilius (PPE, lituanien).
Au-delà des mots, les députés ont appelé l'UE à prendre des mesures. Alors que Carles Puigdemont (Verts/ALE, espagnol) a dénoncé « une diplomatie de deux poids deux mesures, qui fait les yeux doux à la Chine », pour Assita Kanko (CRE, belge), « si on veut défendre la démocratie dans le monde, il ne faut pas juste se contenter de déclarations de soutien aux forces démocratiques, mais faire suivre les paroles par des actes ».
La résolution commune des groupes Renew Europe, S&D, Verts/ALE, PPE et CRE, qui devrait être adoptée ce vendredi, liste d’ailleurs toute une série d’actions que devrait prendre l’UE.
Mais, au-delà des dénonciations de l'adoption de la loi, des violences policières ou encore de l'arrestation de militants pacifiques et d'opposants politiques pro-démocratie, le PE estime, dans le projet de résolution, que l’UE, en tant que première destination pour les exportations chinoises, devrait utiliser ce levier économique contre les violations des droits de l’homme commises par Pékin. Selon lui, la Commission devrait recourir à tous les moyens à sa disposition, « en faisant jouer les négociations en cours en vue d’un accord bilatéral d’investissement », pour faire pression sur les autorités chinoises sur la question hongkongaise.
Plus généralement, les députés demandent une clause relative aux droits de l’homme dans tout futur accord commercial avec la Chine. Ils préviennent qu’ils tiendront compte de la situation des droits de l’homme en Chine, et notamment à Hong Kong, lorsqu'il leur sera demandé d'approuver un accord global sur les investissements ou de futurs accords commerciaux.
De plus, l’UE, ses États membres et la communauté internationale devraient, selon les eurodéputés, œuvrer à la mise en place de mécanismes appropriés de contrôle des exportations, y compris de matériel de cybersurveillance, pour empêcher la Chine, et en particulier Hong Kong, d’avoir accès aux technologies utilisées pour enfreindre les droits fondamentaux.
Le PE appelle également l’UE à collaborer avec la communauté internationale pour mettre en place un groupe de contact international sur Hong Kong et à se coordonner avec les partenaires internationaux, notamment avec le Royaume-Uni, et à plaider pour la désignation d’un envoyé spécial de l'ONU pour la situation à Hong Kong.
Enfin, les députés invitent l’UE et ses États membres à envisager, si la nouvelle loi est appliquée, de porter cette affaire devant la Cour internationale de justice, au motif que la décision de la Chine est contraire au droit international, et estiment que le cadre de sanctions relatives aux droits de l’homme, toujours en cours d’adoption au Conseil, pourrait, une fois adopté, être utilisé pour imposer des mesures aux dirigeants responsables de la répression à Hong Kong et des violations graves des droits de l’homme commises dans son sillage. (voir le projet de résolution : https://bit.ly/37M7rDt )
Le G7 demande à Pékin de revenir sur sa décision
Par ailleurs, mercredi 17 juin, dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères du G7 (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, États-Unis et Japon) et le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité ont exigé du gouvernement chinois qu'il reconsidère sa décision d’imposer la loi de sécurité nationale. Soulignant leurs préoccupations concernant cette décision, ils ont estimé qu’un débat ouvert, la consultation des parties prenantes et le respect des droits et libertés protégés à Hong Kong sont essentiels. (Camille-Cerise Gessant)