Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, vendredi 15 mai, que les Européens devaient travailler pour éviter une annexion d’une partie de la Cisjordanie par Israël, comme le prévoit le programme du nouveau gouvernement israélien.
« Nous devons travailler pour décourager toute initiative possible vers une annexion », a-t-il expliqué à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères européens. Selon M. Borrell, l’UE et les États membres doivent pour cela utiliser tous les canaux à leur disposition pour atteindre, entre autres, les Israéliens, les Américains et les Palestiniens. Il a d’ailleurs souhaité travailler de manière « intensive et constructive » avec le nouveau gouvernement israélien.
Le Haut Représentant a précisé que les États membres étaient d’accord pour augmenter leurs efforts et leurs contacts avec tous les partenaires au Proche-Orient « pour éviter que quelque chose que nous ne voulons pas voir se produire puisse se produire ». « Nous sommes prêts, et nous allons utiliser, dans les prochains jours, toutes les capacités diplomatiques afin d’empêcher une action unilatérale, soutenir la solution à deux États et le respect du droit international », a-t-il expliqué. M. Borrell a rappelé que « le droit international devait être respecté n’importe où ». Et de prévenir : « Nous ne pouvons avoir un soutien sélectif au droit international ».
Le chef de la diplomatie européenne a cependant précisé qu’il n’allait pas anticiper les évènements.
Réfléchir aux relations avec les MENA
Les ministres ont également discuté de la situation des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), en lien avec la pandémie de Covid-19.
« Nous sommes très inquiets des conséquences socioéconomiques de la pandémie, qui s’ajoutent aux défis déjà existants » dans la région, tels que les conflits ou la crise migratoire, a expliqué M. Borrell.
Il a reconnu que la pandémie pouvait agir comme un accélérateur de la déstabilisation de la région, car les conséquences socioéconomiques de la crise pouvaient avoir des répercussions politiques (EUROPE 12486/13). « Le risque est plus important qu’avant la crise », a-t-il expliqué, ajoutant que l’UE essayait d’aider ces pays à éviter une telle déstabilisation, mais que ses moyens financiers étaient limités. L’UE a promis plus de 2 milliards d’euros à son voisinage méridional pour l’aider à faire face à la pandémie et à ses conséquences (EUROPE 12464/14).
M. Borrell a aussi estimé que cette crise était une occasion de réfléchir aux relations entre les Européens et ces pays, à moyen et long termes. (Camille-Cerise Gessant)