Plusieurs groupes politiques au Parlement européen continuent d’exhorter la Commission européenne à soutenir l’industrie textile dans les pays les plus pauvres, particulièrement malmenés par la crise du Covid-19.
« Les entreprises européennes doivent prendre leurs responsabilités », a averti Kathleen Van Brempt, eurodéputée S&D, membre de la commission du commerce international (INTA), le 21 avril via Twitter : « il est choquant de voir que certaines des plus grandes marques de vêtements refusent de payer les commandes qui ont déjà été fabriquées ».
Même appel chez les Verts/ALE, où Saskia Bricmont, également eurodéputée INTA, a souligné, dans un communiqué publié le 15 mai, « la responsabilité des entreprises européennes d’assurer les droits sociaux des travailleurs/euses ici comme là-bas ».
De nombreuses marques européennes de l’habillement n’auraient pas honoré leurs paiements auprès de leurs fournisseurs ou auraient annulé à la dernière minute des commandes prêtes à la livraison. Ce faisant, elles auraient privé employeurs et ouvriers, majoritairement des femmes, de leurs revenus au Bangladesh, en Birmanie, en Indonésie et ailleurs, dans un contexte déjà critique de pandémie de Covid-19.
Plusieurs députés, mais aussi des États membres tels la France et les Pays-Bas, ont appelé la Commission à agir pour exiger que, tout au long des chaînes de production, soient respectées les valeurs européennes, notamment en termes de durabilité et de droits humains, mais aussi que soient garanties des règles du jeu équitables (EUROPE 12480/14, 12476/14).
Ces dernières semaines, des ONG et des organisations internationales ont aussi tiré la sonnette d'alarme sur la situation de ces travailleurs. Le 22 avril dernier, l'Organisation internationale des employeurs (OIE), la Confédération syndicale internationale (CSI) et l'Organisation internationale du Travail (OIT) ont souscrit une déclaration commune visant, entre autres, à protéger les revenus, la santé et l'emploi des travailleurs de l'habillement et à soutenir leurs employeurs pour qu'ils survivent pendant la crise du Covid-19. (Hermine Donceel)