Le futur plan de relance de la Commission européenne devra refléter un juste équilibre entre, d’un côté, la nécessité immédiate d’aider les entreprises européennes face à l’impact économique du Covid-19 et, de l’autre, l’obligation de respecter les objectifs climatiques de long terme de l’Union européenne, a estimé, vendredi 15 mai, le vice-président exécutif de la Commission chargé de l’Économie, Valdis Dombrovskis, à l’occasion d’un débat avec les membres de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen.
« Ce que nous faisons doit être cohérent, entre autres, avec nos objectifs climatiques (la neutralité climatique pour 2050), mais, en même temps, nous devons aussi penser à la question immédiate des personnes qui ont besoin d’emplois, qui ont besoin de revenus », a ainsi déclaré le vice-président.
Devant les craintes de certains eurodéputés vis-à-vis de la faculté de l’UE à orienter la relance vers la transition verte et numérique, M. Dombrovskis a assuré que la Commission est en train d’examiner la manière de faire en sorte que les politiques nationales de relance soient alignées avec les politiques européennes, y compris la transition verte et numérique.
Une combinaison de prêts et de subventions. Concernant le montant du plan de relance et sa composition (prêts contre subventions), le Letton n’a pas fourni davantage d’indications que celles dévoilées mercredi par la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen (EUROPE 12486/2).
Il a simplement souligné que le plan sera une combinaison de prêts et de subventions, avec « une part substantielle » de subventions, tout en affirmant qu’il s’agira d’un « renforcement substantiel du budget de l’UE ». Et d’ajouter : « Nous utilisons comme référence la possibilité de porter la marge de manœuvre du budget de l’UE à 2 % du RNB de l’UE ».
Il n’a pas non plus fourni de date plus précise quant à la présentation du plan, rappelant simplement que celle-ci devrait avoir lieu avant la fin du mois.
Une évaluation microéconomique. Interrogé sur la nécessité de privilégier certains secteurs et régions plus touchés que d’autres par la crise du coronavirus, le vice-président a assuré que la Commission évaluait actuellement les besoins financiers sur le plan macroéconomique, mais également sur le plan microéconomique, afin d’identifier les secteurs les plus affectés.
Citant notamment le tourisme, l’industrie automobile ou encore le secteur culturel, il a indiqué que le plan de relance sera accompagné de ces « évaluations des besoins ».
Enfin, questionné sur la possibilité de revoir les règles du Pacte de stabilité et de croissance, M. Dombrovskis a rappelé le caractère temporaire de la suspension de ces règles à travers la récente activation de la clause dérogatoire générale ('general escape clause' – EUROPE 12452/1). « Nous reviendrons aux règles normales du Pacte de stabilité et de croissance lorsque la crise sera passée », a-t-il ainsi déclaré. (Damien Genicot)