Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, mardi 12 mai, à octroyer un financement suffisant pour la sécurité et la défense, malgré les conséquences économiques du Covid-19 sur les budgets nationaux et européen.
« Nous devons assurer le financement nécessaire de la sécurité et de la défense, tant dans les États membres qu'au niveau de l'UE », a-t-il expliqué à l’issue de la visioconférence des ministres de la Défense, qui a porté sur les conséquences du Covid-19.
La Commission européenne pourrait présenter la semaine prochaine sa nouvelle proposition de cadre financier pluriannuel, qui prendra en compte les conséquences de la pandémie de Covid-19. M. Borrell a espéré que dans cette proposition, « les ressources allouées à la politique de défense et de sécurité ne diminueront pas, car le coronavirus a apporté une nouvelle menace et il exige une politique de défense et de sécurité plus forte, une Europe plus forte dans le monde ».
Le Haut Représentant n’a d'ailleurs pas caché ses inquiétudes concernant les possibles répercussions politiques de la pandémie dans certains pays tiers. « En général, tous les pays émergents et tous les pays en développement vont subir de plein fouet les conséquences économiques de la crise », a-t-il expliqué, citant la diminution des transferts des émigrants, la baisse de la rente pétrolière, celle procurée par les autres matières premières et celle du tourisme. « Dans toute l’Afrique et l’Amérique latine, cela va être un problème et, évidemment, je suis très préoccupé par les évènements qui peuvent se produire en conséquence de la crise économique, qui a suivi la crise sanitaire, et par la crise politique que cela pourrait devenir », a-t-il précisé.
Lors de leur discussion, les ministres de la Défense ont notamment commencé leur réflexion sur les leçons concrètes et des implications stratégiques de la pandémie, « ouvrant ainsi la voie à l'avenir de notre politique de sécurité et de défense », a annoncé le chef de la diplomatie européenne. Les ministres se sont mis d’accord sur les cinq axes de travail proposés par le Service européen pour l’action extérieure : solidarité, réactivité, résilience, capacité et partenariat (EUROPE 12484/5). Ils reviendront sur le sujet en juin.
M. Borrell a estimé qu’il fallait renforcer les modalités d'utilisation des moyens militaires pour soutenir les autorités civiles et la préparation et la résilience des Européens. De plus, selon lui, les enseignements tirés de la crise devraient constituer un moteur supplémentaire pour le développement des capacités et la coopération en matière de défense.
Enfin, le redéploiement du personnel des missions de l’UE sur le terrain « devrait se faire de manière coordonnée dès que les conditions le permettront », a-t-il prévenu (EUROPE 12469/21). (Camille-Cerise Gessant)