Devant des sénateurs majoritairement sceptiques, le commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, a vanté les mérites du CETA, l’accord économique et commercial avec le Canada. Le sénat néerlandais (‘Eerste kamer’) pourrait en effet refuser de ratifier l’accord, infligeant un camouflet sans précédent à la politique commerciale européenne (EUROPE 12428/19).
Auprès des députés néerlandais, le commissaire a pointé les avantages économiques déjà tirés de l’accord par le pays et surtout par ses agriculteurs, très hostiles à l’accord. Alors que les importations européennes de produits agroalimentaires canadiens ont en réalité diminué de 10% depuis l'application provisoire du traité, « l'UE a maintenu et, en fait, accru son excédent commercial avec le Canada », devenu la 7e destination pour les exportations de produits agricoles européens.
Mais M. Hogan a surtout souligné la dimension « progressiste » du CETA, qui « fournit également le cadre pour évoluer vers une transition verte, une meilleure égalité des sexes et une meilleure participation des petites entreprises ».
Traditionnel bastion du libre-échangisme, les Pays-Bas ont vu croître, ces dernières années, l’hostilité de ses citoyens face aux accords de libre-échange.
Récemment, La Haye a d’ailleurs collaboré avec Paris pour proposer une nouvelle inflexion en faveur d'une politique commerciale européenne plus juste et soucieuse du respect des valeurs européennes (EUROPE 12480/14). Un document qui révélait le fossé grandissant avec le programme de négociations commerciales de la Commission européenne.
La date du vote n'est pas encore arrêtée. (Hermine Donceel)