Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a félicité le nouveau gouvernement israélien, lundi 18 mai, se disant prêt à « s’engager immédiatement » avec lui et avec les parties prenantes pour ce qui concerne le processus de paix au Proche-Orient.
« L'UE est disposée à soutenir et à faciliter la reprise de négociations sérieuses entre les deux parties, afin de résoudre toutes les questions liées au statut final et de parvenir à une paix juste et durable », a prévenu M. Borrell dans une déclaration. Le Haut Représentant a donc noté avec « une vive inquiétude » la disposition, qui doit être soumise à l'approbation du cabinet israélien, relative à l'annexion d'une partie de la Cisjordanie. « Nous demandons instamment à Israël de s'abstenir de toute décision unilatérale qui conduirait à l'annexion de tout territoire palestinien occupé et qui serait, en tant que telle, contraire au droit international », a souligné une nouvelle fois le Haut Représentant.
M. Borrell a prévenu que l’UE et ses États membres ne reconnaîtraient aucune modification des frontières de 1967, sauf en cas d’accord des Israéliens et des Palestiniens. « La solution des deux États, avec Jérusalem comme future capitale pour les deux États, est le seul moyen de garantir une paix et une stabilité durables dans la région », a-t-il insisté.
Lors d’une réunion par visioconférence, le 15 mai, les ministres des Affaires étrangères de l'UE s'étaient entretenus de cette possible annexion (EUROPE 12488/12). À l'issue de la discussion, M. Borrell avait annoncé que les Européens allaient utiliser tous leurs moyens diplomatiques pour empêcher une action unilatérale de l'État hébreu.
Cependant, si de nombreux États membres étaient en faveur de la préparation, dès à présent, par le Service européen pour l’action extérieure, d’un document contenant des options sur des actions qui pourraient être prises en cas de décision israélienne, la Hongrie s’y est opposée, selon une source européenne.
Au-delà de la question du processus de paix, M. Borrell a précisé, dans sa déclaration, que les Européens se réjouissaient de continuer à travailler avec le gouvernement « de manière constructive et globale, dans l'esprit de l'amitié de longue date qui nous lie à Israël, afin de développer nos relations dans tous les domaines », notamment sur le Covid-19, l'éducation, la recherche et le développement et sur tout autre domaine d'intérêt mutuel. Il a qualifié Israël de « partenaire essentiel » de l’UE.
Selon le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, cette déclaration du Haut Représentant a été soutenue par 25 États membres, « aboutissement d’une initiative » prise par le Luxembourg et l’Irlande. Il a précisé qu’en raison de l’opposition de deux États membres – la Hongrie et l’Autriche, selon une source européenne – cette déclaration « équilibrée » n’avait pas pu être adoptée en tant que déclaration à 27, ce qu’il a « vivement regretté ». (Camille-Cerise Gessant)