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Bulletin Quotidien Europe N° 12490
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POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

Thierry Breton appelle Mark Zuckerberg à respecter les valeurs européennes

C'était un échange en apparence cordial auquel se sont livrés le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, et le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, lundi 18 mai dans la soirée. Pourtant, les deux hommes ont tenté d'imposer leur vision de l'Internet du futur et des futures règles européennes, y compris l'Acte sur les services numériques. 

Lors de cet exercice, le patron de Facebook a mis en avant les changements mis en place par sa société, expliquant qu'aujourd'hui, 80% des contenus illégaux étaient retirés avant même d'être notifiés « contre à peine 15% il y a quelques années ». Il a aussi présenté le nouveau comité indépendant de contrôle (independent oversight board) mis en place par la société et qui statue sur les retraits de contenus. Il a aussi valorisé la collaboration européenne durant la crise du Covid-19, notamment en matière de désinformation. 

Acte sur les services numériques

Sur la question du futur 'Acte sur les services numériques', Mark Zuckerberg a rappelé son souhait de voir émerger une législation européenne, en opposition à la situation antidémocratique chinoise. De son côté, le commissaire Breton a rappelé qu'il travaillait aujourd'hui sur des règles ex ante, comme ce qui se fait pour le secteur des télécommunications. 

Par ailleurs, le commissaire a durci le ton à plusieurs reprises. Il a notamment rappelé au patron de Facebook que son rôle s'accompagnait aussi de responsabilités. « Je ne veux pas donner de conseils de quelque sorte que ce soit, mais, quand même, quand on est patron d'une grande plateforme systémique, on doit gérer beaucoup de choses, beaucoup de parties prenantes. Mais au final, c'est toujours le CEO (directeur général, NDLR) qui est responsable. Ce sera Mark le responsable, personne d'autre », a souligné Thierry Breton, rappelant que, lui aussi, a été CEO. Il a également déclaré : « Je pense qu'il est très important d'anticiper ce qui pourrait créer, entre guillemets, une mauvaise réaction qui nous forcerait à réglementer », a-t-il lancé, demandant à Mark Zuckerberg de respecter les valeurs européennes. Et de conclure en donnant l'exemple de l'évasion fiscale.

Portabilité des données entre différents services

Alors que la Commission von der Leyen s'est donnée pour objectif de créer un espace européen des données, le PDG de Facebook a précisé qu'il n'était pas contre la portabilité. « Personne n'est contre, d'ailleurs. Mais comment définir vos données ? », a-t-il déclaré, prenant l'exemple des dates d'anniversaire sur Facebook. Selon lui, il convient de trouver un équilibre entre « ouverture et confidentialité ».

Quant au projet 'transfert de données' lancé par Google et auquel participent Facebook, Microsoft, Twitter et Apple, Mark Zuckerberg a laissé entendre qu'il n'était pas opposé à la participation de partenaires européens plus petits. « Ce devrait être le cas », a-t-il dit. (Sophie Petitjean)

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