La Commission européenne présentera une communication indépendante sur les perspectives stratégiques pour la construction d’une « économie de l’hydrogène en Europe », parallèlement à la stratégie pour une intégration intelligente des secteurs (‘smart sector integration strategy’) prévue pour le 24 juin, a annoncé la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, mardi 19 mai, lors d’un échange avec la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen.
« Tout le monde prédit un grand avenir à l’hydrogène […], mais cet avenir ne se réalisera pas si nous ne déployons pas un soutien politique fort, en partenariat avec le secteur privé », a notamment déclaré la commissaire, tout en rappelant que l’hydrogène représente aujourd’hui moins de 2 % du mix énergétique de l’Union européenne.
Selon la Commission, cette communication sur l’hydrogène est une initiative distincte du ‘Partenariat européen pour l’hydrogène propre’ et est plus large que ce dernier, qui doit, quant à lui, être lancé pour l’été, sur le modèle de l’Alliance européenne pour les batteries (EUROPE 12336/6).
Rappelant les grands axes déjà dévoilés de la stratégie pour une intégration intelligente des secteurs (EUROPE 12485/11), Mme Simson a affirmé que l’hydrogène occupe une place centrale dans celle-ci. Pour elle, ce gaz présente « un fort potentiel pour devenir un nouveau vecteur énergétique clé, une solution pour décarboner des secteurs particulièrement difficiles comme l’industrie lourde et certaines catégories de transports ».
Concernant l’hydrogène, la stratégie pour une intégration intelligente des secteurs cherchera ainsi à : (1) faciliter l’utilisation innovante de l’hydrogène dans une série de secteurs ; (2) augmenter la production d’hydrogène afin qu’elle atteigne l’échelle nécessaire pour le rendre compétitif ; (3) accélérer la recherche et le développement pour renforcer le leadership industriel européen en matière d’hydrogène.
Et d’ajouter : « Ce travail est très ancré dans la stratégie de relance, car le développement de l’hydrogène pourrait stimuler la croissance et l’emploi, directement et indirectement, et une reprise des investissements et de l’innovation ».
Outre l’hydrogène, Mme Simson a mentionné deux autres « axes de travail » par lesquels la politique énergétique peut, à ses yeux, contribuer à la relance économique post-Covid-19 : la rénovation des bâtiments et les énergies renouvelables.
Rénovation. En matière d’efficacité énergétique, la commissaire a assuré que ses services travaillaient dur pour rendre le plan d’action ‘Vague de rénovation’ (EUROPE 12484/16) « plus ambitieux et plus concret » que ce qui était prévu avant la crise du Covid-19.
Tout en réaffirmant son intention de présenter ce plan en septembre, elle a en outre cherché à rassurer certains eurodéputés concernant sa volonté de respecter le principe de primauté de l’efficacité énergétique (‘energy efficiency first principle’).
Énergies renouvelables. Au volet des énergies renouvelables, Mme Simson a insisté sur la contribution importante du plan de relance pour soutenir cette industrie en perte de vitesse en raison de la pandémie de coronavirus.
Elle a ensuite rappelé qu’elle présentera, après l’été, une stratégie sur les énergies renouvelables en mer visant notamment à identifier les moyens de faire coexister les nouveaux projets d’éoliennes offshore avec d’autres utilisations des espaces marins.
PNEC et RTE-E. En outre, questionnée par Marie Toussaint (Verts/ALE, française) et Morten Petersen (Renew Europe, danois) sur la révision à venir du règlement RTE-E, la commissaire n’a pas fourni davantage d’informations que celles reprises dans la feuille de route de cette initiative (EUROPE 12485/10).
Enfin, la commissaire a déclaré qu’elle ne sera en mesure de présenter l’évaluation des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) qu’après l’été, étant donné que les plans de trois États membres (l’Allemagne, le Luxembourg et l’Irlande) n’ont toujours pas été remis à la Commission. Sans les nommer, l’Estonienne a à nouveau appelé ces États membres à lui faire parvenir leur PNEC le plus rapidement possible (EUROPE 12480/18). (Damien Genicot)