Moins d’un mois après leur réunion consacrée à la relance du secteur (EUROPE 12475/1), les ministres européens chargés du Tourisme se retrouveront de nouveau, mercredi 20 mai, pour une vidéoconférence sous la houlette de la Présidence croate.
La réunion portera sur les récentes orientations présentées par la Commission européenne en vue d’une reprise harmonisée des activités touristiques (EUROPE 12486/5) et de la libre circulation (EUROPE 12486/6, 12486/9).
Bien qu’aucune décision formelle ne soit attendue, ce type de réunion ne le permettant pas, il y a fort à parier qu’une majorité de ministres appelleront à une action coordonnée.
Concertations tous azimuts. Ces derniers jours ont en effet été ponctués d'initiatives communes consacrées à la reprise des voyages dans l'UE.
Lundi 18 mai, 11 ministres européens des Affaires étrangères se sont en effet entretenus à ce sujet à l'initiative de l'Allemagne (EUROPE 12489/13). Avaient été conviés l'Autriche, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, Malte, le Portugal et la Slovénie, destinations touristiques particulièrement prisées des Allemands.
Dans une déclaration commune, les 11 ministres ont plaidé pour : - une approche harmonisée de la reprise des voyages ; - un retour à la mobilité qui n'entraîne pas une augmentation incontrôlable des infections ; - des conditions communes en matière de levée des restrictions, de quarantaine et de rétablissement des services de transport. Enfin, les ministres ont plaidé pour un accord sur des normes et des procédures sanitaires uniformes.
« Nous ne voulons pas d'une course aux touristes, mais une démarche coordonnée et transparente », a souligné le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.
« Nous nous réjouissons que les accords bilatéraux aient fait place à une meilleure compréhension », s’est félicité pour sa part le PPE dans une déclaration.
Mardi 19 mai, les ministres slovaque, autrichien et tchèque des Affaires étrangères se sont, à leur tour, entendus pour coordonner la reprise des voyages entre leurs trois pays. La Lettonie, l'Estonie et la Lituanie ont également signé, vendredi 15 mai, un protocole d'accord levant les restrictions de voyage pour leurs citoyens.
Décisions unilatérales. Le Secrétaire d'État français auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a assuré, dimanche 17 mai, dans une interview à la chaîne BFMTV, qu’il n’hésiterait pas, lors de la vidéoconférence ce mercredi, à « mettre les pieds dans le plat ».
« On ne peut pas, d'un côté, s'engager à réfléchir ensemble et à se coordonner, et, de l'autre, faire l'inverse », a-t-il déclaré, soulignant que des décisions unilatérales « pourraient nuire au combat sanitaire ».
Plusieurs pays particulièrement dépendants du tourisme ont en effet déjà envisagé, sans se concerter, la réouverture imminente de leurs frontières aux voyageurs étrangers.
L'Italie a annoncé, samedi 16 mai, qu'elle accueillerait de nouveau les touristes de l’UE dès le 3 juin et le ministre espagnol du Tourisme, Jose Luis Abalos, a évoqué, lundi 18 mai, sur la chaîne TVE, un retour des étrangers en Espagne à la fin du mois de juin, « dès que les Espagnols pourront se déplacer dans d'autres régions que les leurs ». Chypre, enfin, qui a déclaré vouloir accueillir en priorité les touristes de pays voisins ayant réussi à contenir le virus, envisagerait de demander aux vacanciers de se soumettre à un test de Covid-19 avant leur arrivée, rapportait l'agence Associated Press mardi 19 mai. (Agathe Cherki)