Sans les nommer, la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, a appelé les trois États membres (l’Allemagne, l’Irlande et le Luxembourg) n’ayant toujours pas remis leur plan national en matière d’énergie et de climat (PNEC – EUROPE 12479/33) à les faire parvenir à la Commission européenne le plus vite possible, mardi 5 mai, lors d’un débat sur les solutions énergétiques.
« Il est urgent que nous recevions les plans restants », car ils sont « la condition préalable » à tout rehaussement des objectifs climatiques de l’Union européenne, a ainsi déclaré Mme Simson.
Et d’ajouter : « Sans tous les plans, il est difficile pour la Commission d'achever son évaluation [portant sur l’impact d’un rehaussement de l’objectif climatique fixé pour 2030] ».
La commissaire a ensuite expliqué que le retard significatif par rapport à la date de dépôt des plans initialement fixée (31 décembre 2019) l’avait déjà forcée à reporter une première évaluation intermédiaire qui aurait dû être présentée avant l’été.
Mme Simson a en outre fourni quelques détails sur les trois voies principales actuellement suivies par la Commission sur le plan énergétique : améliorer l’efficacité énergétique, promouvoir les énergies renouvelables et renforcer l’intégration du système énergétique.
Efficacité énergétique. En matière d’efficacité énergétique, Mme Simson a rappelé sa volonté d’augmenter les taux de rénovation des bâtiments dans toute l’UE en présentant, en septembre, l’initiative ‘Vague de rénovations’ visant à minimiser les obstacles réglementaires potentiels dans ce domaine.
Dans ce cadre, les hôpitaux, les écoles et les PME seront les premiers à faire l’objet d’investissements, car ces acteurs sont particulièrement touchés par la crise du Covid-19, a précisé la commissaire.
Afin de financer cette vague de rénovations, la Commission étudie actuellement la manière d’obtenir davantage de ressources en utilisant les Fonds structurels, la Banque européenne d’investissement (BEI) et InvestEU et en développant éventuellement des produits financiers spécifiques pour la rénovation des bâtiments, a déclaré Mme Simson.
Énergies renouvelables. L’Estonienne a ensuite rappelé qu’elle présentera une stratégie sur les énergies renouvelables offshore, « après l’été », afin d’améliorer la confiance des investisseurs et de développer ainsi massivement ce secteur.
Soulignant que le marché des renouvelables prévoit une baisse des nouveaux projets d’énergie renouvelable pouvant atteindre 33% cette année en raison de l’impact de la pandémie de Covid-19, la commissaire a en outre mentionné l’importance d’encourager l’exploitation du « potentiel renouvelable » des toits des bâtiments à travers le développement des technologies d’énergie solaire.
Intégration sectorielle. Contrairement à ce qu’indique une version provisoire du programme de travail révisé de la Commission (EUROPE 12467/23), la stratégie pour une intégration intelligente des secteurs (‘smart sector integration’ – EUROPE 12467/29) sera lancée en juin (comme le prévoit le calendrier initial), a affirmé Mme Simson.
Enfin, elle a indiqué que le déploiement de l’hydrogène « sera un élément central de cette stratégie », car ce gaz pourrait servir de catalyseur, en particulier pour les secteurs difficiles à décarboner comme l’industrie lourde et les transports.
Pour consulter l’intégralité du discours de Kadri Simson lors du débat (en anglais) : https://bit.ly/2z7ODRT (Damien Genicot)