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Bulletin Quotidien Europe N° 12480
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / NumÉrique

L'approche européenne sur les applications de traçage demeure floue

Les ministres européens des Télécommunications ont eu un échange de vues, mardi 5 mai, sur la contribution des nouvelles technologies à la lutte contre la pandémie de Covid-19 et à la relance, une fois la crise passée. Ils ont également discuté du délicat dossier des applications de traçage permettant d'identifier les personnes en contact avec un malade et de la mainmise de Google et Apple.

La réunion était toujours en cours au moment de clore cette édition, mais il semble peu probable que les ministres soient parvenus à un consensus sur les détails techniques.  

L'importance d'une approche européenne

Au début de la réunion, le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton a rappelé l'importance d'adopter une approche européenne, telle que définie dans la boîte à outils de la Commission (EUROPE 12468/5). 

Reconnaissant que de nombreux pays travaillaient sur de telles applications, il a souligné l'importance d'outils interopérables entre les frontières, mais aussi entre systèmes d'exploitation. « Il ne faut pas se diviser entre les deux approches différentes (centralisée et décentralisée), car, au final, il y a toujours un serveur en arrière-plan, même dans une approche dite décentralisée. La question est plutôt de savoir quelles données vont sur le serveur », a-t-il déclaré. Selon lui, il est impératif de présenter une approche commune à Google et Apple, qui ont uni leurs forces pour développer une interface de programmation commune pour la traçabilité des contacts. Cela est d'autant plus important, a noté le commissaire, après que les deux géants américains (dont les systèmes d'exploitation alimentent 99% des téléphones intelligents) ont fait connaître leur intention d'interdire l'utilisation de la localisation dans les applications de traçage du Covid-19. 

La France contourne Apple et Google

Le matin même, le secrétaire d'État français au Numérique annonçait à la télévision l'intention de son pays de ne pas recourir à Apple et Google pour son application de traçage StopCovid. « Nous avons refusé » les solutions d'Apple et de Google, « qui posent, selon nous, un certain nombre de problèmes en termes de protection de la vie privée et d'interconnexion avec le système de santé », a expliqué Cédric O. « C'est pour ces problèmes, et non parce que Apple et Google sont des grands méchants loups, que nous avons refusé de passer par leurs solutions. Nous aurons une solution qui fonctionnera de manière très satisfaisante sur l'ensemble des téléphones et nous considérons que la maîtrise du système de santé, la lutte contre le coronavirus, c'est l'affaire des États (...), pas forcément celle des grandes entreprises américaines », a-t-il ajouté, précisant que cette application serait prête le 2 juin.

Il est à noter que le Parlement européen discutera des applications de traçage lors de sa session plénière de la semaine prochaine. (Sophie Petitjean)

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