La commissaire européenne à la Sûreté alimentaire, Stella Kyriakides, a présenté, lundi 11 mai, les grandes lignes de la stratégie ‘de la ferme à la table’, qui devrait être adoptée « la semaine prochaine » par la Commission européenne (EUROPE 12482/11).
Elle a préconisé, sans donner de chiffres, une réduction de l’utilisation des pesticides, des engrais et des antibiotiques dans l’élevage.
Stella Kyriakides a estimé, devant les députés de la commission de l’agriculture du PE, que la stratégie 'de la ferme à la table', un des volets fondamentaux du ‘pacte vert européen’, permettra de fixer « un nouveau cap ». Elle contribuera aussi au plan de relance de l’UE après la pandémie de coronavirus.
« Un modèle basé uniquement sur la production » ne suffit pas, a estimé la commissaire. Il faut tenir compte des préoccupations économiques, mais aussi « environnementales et sociétales ».
La stratégie répondra aux impératifs découlant du changement climatique et de la protection de la biodiversité. Elle a préconisé de « revoir le modèle de consommation », de limiter le gaspillage alimentaire et des régimes alimentaires plus sains.
« Nous envisageons des initiatives législatives et non législatives » pour renforcer la durabilité de tous les maillons de la chaîne alimentaire, a-t-elle ajouté. « L’objectif est de réduire les risques et l’utilisation des pesticides, de réduire l’utilisation d’engrais et d’antibiotiques », a indiqué Stella Kyriakides.
La dernière version de cette communication intitulée ‘Pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement’ prévoit, parmi ses 26 initiatives clefs pour la chaîne d’approvisionnement alimentaire, « des recommandations » pour chaque État membre concernant les neuf objectifs spécifiques de la future politique agricole commune (PAC) avant qu’ils ne soumettent leurs projets de plans stratégiques à la Commission.
Le reste des initiatives à l’agenda n’a que peu évolué par rapport aux précédentes versions du texte. Entre autres : révision des directives pesticides (en 2022), harmonisation de l’étiquetage nutritionnel obligatoire sur les emballages (en 2023) ou encore un plan global pour la gestion intégrée des éléments nutritifs visant à réduire la pollution, notamment celle due aux engrais dans l’agriculture (attendu pour 2022-2023).
Une nouveauté quand même, en lien avec l’épidémie de coronavirus : la création d'un observatoire de la sécurité alimentaire de l’UE pour « surveiller et faire rapport sur la capacité de l’Union à assurer la disponibilité des approvisionnements, couvrant la production alimentaire et les infrastructures critiques, assurant la transparence et la coordination en temps de défis de sécurité alimentaire ». Il est prévu aussi un plan d’urgence « pour assurer l’approvisionnement et la sécurité alimentaires en cas de crise de toute nature ».
L’autre stratégie de la Commission sur la biodiversité à l’horizon 2030 donne plus d’éléments chiffrés sur les objectifs pour l’UE (EUROPE 12483/10). (Lionel Changeur)