Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, mercredi 22 avril, que, pour son premier voyage après la crise du Covid-19, il se rendrait en Ukraine. Il devait s’y rendre à la mi-mars, mais le voyage avait été annulé juste avant la fermeture des frontières (EUROPE 12447/25).
« La première chose que je ferai quand la normalité reviendra, c’est de visiter l’Ukraine (…), prêter une grande attention au Partenariat oriental », a-t-il promis à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères'. Il a ajouté que son voyage à l’est de l’Europe inclurait la Biélorussie.
Lors de leur Conseil, les ministres sont revenus sur le soutien européen aux pays du Partenariat oriental en ces temps de pandémie. « Ils sont convenus que la crise actuelle est une occasion de démontrer que l'UE est le partenaire le plus fiable pour ces pays », a expliqué M. Borrell. L’UE a annoncé un soutien de plus de 840 millions d’euros à ces pays pour faire face à la crise (EUROPE 12457/12).
Un sommet UE-Partenariat oriental est également prévu le 19 juin prochain à Bruxelles, sommet que M. Borrell a espéré voir maintenu (EUROPE 12449/23).
Le Conseil s’est penché en particulier sur l’Ukraine et il a, selon le Haut Représentant, exprimé un « franc soutien » au président ukrainien, Volodymyr Zelensky. « Il a pris des mesures audacieuses en matière de réformes et de résolution des conflits. Des progrès significatifs ont été réalisés en matière de réformes, mais de nombreux obstacles subsistent et ces efforts doivent se poursuivre », a expliqué M. Borrell. Il a cité en exemple les milliers d’amendements déposés au Parlement sur la loi sur la liberté des médias, « ce qui est un moyen de bloquer l’adoption ». La liberté des médias, la lutte contre la corruption, un système judiciaire indépendant et l’État de droit sont la pierre angulaire des systèmes politiques de pays de l’UE, a-t-il prévenu.
Alors que la levée des sanctions à l’encontre de la Russie pour qu’elle puisse faire face à la crise du Covid-19 n'aurait pas été soulevée par les ministres (EUROPE 12456/34), plus tôt dans la journée, la chef de la division ‘Russie’ au Service européen pour l’action extérieure, Audrone Perkauskiene, avait expliqué que les mesures européennes n’étaient pas faites pour frapper l’économie ou la population russe. Elles n’auraient donc pas d’impact sur la réponse russe au coronavirus. « La levée des sanctions est liée à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk », avait-elle rappelé lors d’une discussion au German Marshall Fund.
De son côté, l’ambassadeur d'Ukraine au Canada, Andriy Shevchenko, avait appelé à améliorer la coopération internationale sur les mesures envers la Russie. Des sanctions qui, selon lui, devraient également être mieux ciblées, qu’elles soient individuelles ou sectorielles. (Camille-Cerise Gessant)