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Bulletin Quotidien Europe N° 12473
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

La Commission est priée d’aller plus loin dans les aides aux secteurs touchés par la crise du Covid-19

Le président de la commission de l’agriculture du Parlement européen, Norbert Lins (PPE, allemand), a estimé que les mesures annoncées mercredi 22 avril pour aider le secteur face à la crise du coronavirus constituaient un pas dans la bonne direction, « mais il est loin d’être suffisant ».

La Commission européenne accepte des mesures exceptionnelles (dérogation aux règles de la concurrence) et des aides pour le stockage privé (lait et viandes). Mais, de l’avis de plusieurs eurodéputés, ministres et représentants du secteur, ce mini-paquet ne sera pas suffisant (EUROPE 12472/5).

Nobert Lins ajoute : « Nous comprenons que le budget de l'UE est serré. Mais ce n'est pas le moment d'être frugal ni d'hésiter », lance-t-il en direction du commissaire Janusz Wojciechowski.

Le ministre français de l’Agriculture, Didier Guillaume, a insisté sur la nécessité d’aller plus loin, d’ici le 30 avril, « pour les filières viticole et horticole, particulièrement touchées ». Il demande des fonds européens de soutien spécifiques pour les fleurs et pour la viticulture et les boissons alcoolisées, qui souffrent beaucoup. « La solidarité européenne doit pouvoir se concrétiser de façon exceptionnelle en aides directes », ajoute M. Guillaume.

L’eurodéputée Irène Tolleret (Renew Europe, française) juge « insuffisantes » les mesures exceptionnelles annoncées, alors que certains secteurs agricoles sont sérieusement touchés, comme « le vin, les fruits et légumes, l’huile d’olive et l’horticulture ».

Elle regrette notamment que la dérogation en matière de droit à la concurrence pour certains secteurs (lait, fleurs et pommes de terre) ne s’accompagne pas d'un soutien financier.

80 millions d’euros pour le stockage privé. À ce stade, la Commission prévoirait environ 80 millions d’euros pour le stockage privé (50 millions pour la viande et 30 pour les produits laitiers), bien loin des montants dégagés en réaction à l’embargo russe sur les produits agricoles de l’UE (500 millions d’euros pour les fruits et légumes et le double pour le lait).

Les coopératives viticoles d'Italie, de France et d'Espagne réclament des fonds pour la distillation de crise. Elles ont évalué les besoins en distillation de crise à 350 millions d’euros pour stabiliser le marché.

L'agriculture de l'UE peut-elle se passer de la ‘réserve pour les crises agricoles’ (478 millions d’euros) ? Paolo De Castro (S&D, italien) estime que l’UE devrait avoir « le courage » de mettre cette somme « à la disposition des producteurs, et ce le plus rapidement possible ». Mais cette réserve de crise n’a jamais été utilisée, car elle a été constituée en réduisant de 1% le montant des aides directes.

Dans une lettre envoyée le 22 avril à la Commission, le Copa-Cogeca demande à la Commission de soutenir les producteurs de pommes de terre via un budget extérieur aux fonds de la politique agricole commune (PAC).

Le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA) a salué les mesures proposées, mais estime que « sans un soutien public renforcé, nous nous attendons à ce que les aides au stockage privé et les flexibilités en matière de gestion de l'offre accordées aux opérateurs privés soient peu utilisées ». (Lionel Changeur)

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