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Bulletin Quotidien Europe N° 12439
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Les eurodéputés incapables d'arrêter leurs orientations de politique socioéconomique pour 2020

La commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen n'est pas parvenue à surmonter le clivage gauche/droite pour adopter, mercredi 4 mars, ses orientations de politique socioéconomique à mener dans l'Union européenne en 2020 (EUROPE 12438/12).

Schématiquement, malgré une réunion de la dernière chance mardi soir, le camp formé par les groupes S&D, Verts/ALE et GUE/NGL et celui composé des groupes PPE et Renew Europe n'ont pas rapproché leurs positions, chaque camp accusant l'autre de dogmatisme idéologique.

À gauche, on accuse la droite européenne de rejeter toute réorientation sociale et écologique de l'économie malgré l'urgence climatique, tandis qu'à droite, on accuse la gauche européenne de vouloir torpiller les règles budgétaires européennes en utilisant le prétexte des investissements dans les infrastructures durables nécessaires pour permettre à l'UE d'atteindre l'objectif de neutralité climatique à l'horizon 2050.

« Nous avions l’occasion de déclencher un véritable changement dans la conduite des politiques économiques en Europe pour répondre aux enjeux écologiques et sociaux. (Mais) la droite refuse de s’adapter à la nouvelle donne sociale et environnementale. Elle préfère que le monde s’écroule plutôt que son monde ne s’écroule », a critiqué Aurore Lalucq, rapporteur sur ce dossier.

Le président français, Emmanuel Macron, a dit à The Economist que le Pacte de stabilité est une règle d'un autre temps et que, quand il s'agit de formuler cette position, il n'y a plus personne au sein de Renaissance (délégation française du groupe Renew Europe, NDLR), a enchaîné une experte du dossier, fustigeant « le sabotage » mené par la droite européenne le jour où la militante pour le climat Greta Thunberg s'exprimait au Parlement (EUROPE 12439/3).

Ce que veut Mme Lalucq, sous couvert de justice climatique, c'est « se débarrasser de la règle des 3% » du PIB pour le déficit public, a rétorqué une source parlementaire. Selon elle, le groupe S&D était divisé en interne, le coordinateur des sociaux-démocrates pour la commission ECON, l'Espagnol Jonás Fernández, prônant une attitude plus conciliante. Et cette source de s'interroger sur l'attitude du commissaire à l'Économie, Paolo Gentiloni, « aux abonnés absents » sur ce dossier.

Au sein de Renew Europe, on reconnaît que la lutte contre les changements climatiques exige des moyens budgétaires et que le Pacte de stabilité et de croissance doit être « en adéquation » avec la réalité climatique. On met aussi en avant un amendement de compromis, préconisé par le Français Pascal Canfin et l'Espagnol Luis Garicano, qui demande à la Commission européenne de créer des indicateurs 'climat' afin d'analyser les contradictions ('discrepancy') entre la structure des budgets nationaux et leur alignement avec les dispositions de l'Accord de Paris.

Lors du vote en commission ECON, les amendements de compromis soutenus par le rapporteur ont été rejetés, alors que ceux des groupes PPE et Renew Europe ont été approuvés. Pour autant, le texte final tel qu'amendé a été rejeté par la commission parlementaire (32 voix contre, 23 voix pour, 0 abstention).

Tout espoir pour le Parlement européen d'envoyer un message au Conseil européen de printemps sur les politiques socioéconomiques à mener dans l'UE en 2020 ne semble pas totalement perdu. La Conférence des présidents des groupes politiques (CoP) pourrait décider, jeudi 5 mars, de mettre en chantier une résolution spécifique qui serait adoptée lors de la session plénière commençant lundi 9 mars à Strasbourg. (Mathieu Bion)

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