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Bulletin Quotidien Europe N° 12381
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Mme von der Leyen et Charles Michel assurent que « les Européens sont prêts » pour un Green Deal mondial

La COP25 sur le climat s'est ouverte, lundi 2 décembre à Madrid, sur un sentiment d'urgence. Il reste à traduire les mots en actes. 

Alarmé par le fait qu'aucun pays à ce jour ne respecte ses engagements au titre de l'Accord de Paris, alors que « nous sommes confrontés à une crise climatique mondiale », le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les dirigeants des 200 délégations présentes à faire cesser « notre guerre contre la nature » et à choisir l'« espoir » plutôt que « la capitulation ».

L'UE a répondu : « Nous, les Européens, nous sommes prêts ». Ce furent les mots de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour résumer la portée du Green Deal européen attendu le 11 décembre.

« Notre objectif est d'être le premier continent neutre pour le climat d'ici à 2050. Si nous voulons atteindre cet objectif, nous devons agir maintenant ; nous devons mettre en œuvre nos politiques maintenant », a-t-elle déclaré à la cérémonie d'ouverture.

Et d'annoncer qu'en mars, elle proposera « la toute première loi européenne sur le climat pour rendre la transition vers la neutralité climatique irréversible », une transition juste pour tous.

Selon elle, le Green Deal européen sera une « nouvelle stratégie de croissance » qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en créant de l'emploi et en améliorant la qualité de vie. Cela nécessitera des investissements massifs dans la recherche, l'innovation et les technologies vertes - vocation qu'aura le plan d'investissement pour une Europe durable de 1000 milliards € sur les 10 prochaines années.

« Nous serons le plus ambitieux possible dans les négociations de cette COP. Nous sommes prêts à contribuer avec notre European Deal à un Global Green Deal ».

Sur la même ligne et convaincu de la nécessité « de faire plus » pour répondre à l'urgence climatique et environnementale et pour faire droit aux appels des jeunes, « qui ont raison », le président du Conseil européen, Charles Michel, a estimé que « l'heure [était] venue de la révolution verte ». Selon lui, c'est possible et c'est une occasion à saisir. « L'Europe a fait la preuve qu'il est possible de concilier croissance économique et baisse des émissions », a-t-il souligné.

« De nombreux dirigeants européens ont demandé à la Commission de proposer un New European Green Deal avec des mesures concrètes et ce sera un 'cessez-le-feu' avec la nature, et plus encore, un 'traité de paix' avec la nature. Nous avons également besoin d'un Fonds de transition juste ambitieux et d'une part significative du prochain budget européen consacrée au climat », a-t-il dit.

Et d'assurer qu'il donnera la priorité à ces questions lors du Conseil européen des 12 et 13 décembre, « parce que l'Europe doit investir massivement dans les nouvelles technologies, la recherche et l'innovation ».

Charles Michel a aussi insisté sur le nécessaire devoir de solidarité avec les pays en développement : « Nous devons soutenir nos partenaires dans le monde », a-t-il déclaré, en rappelant que, pour la seule année 2018, l'UE et ses États membres ont contribué à hauteur de 74,4 milliards d'euros à l'aide au développement, dont 21 millions d'euros pour des objectifs climatiques.

« Peut-être le monde n'évolue-t-il pas encore au rythme que nous souhaitons, mais les jeunes me donnent bon espoir », a déclaré l'ancien président de la COP24, nouvellement nommé ministre du Climat de la Pologne, Michal Kurtyka.

 Le Premier ministre français, Édouard Philippe (en l'absence du Président Macron, retenu par la cérémonie d'hommage aux militaires français tombés au Mali) s'est voulu optimiste, lui aussi, estimant que « ce combat est gagnable ».

Cette COP est notamment censée préparer le terrain pour le renforcement ou l'actualisation des NDC de toutes les parties, en 2020. Or, il faudrait multiplier par plus de cinq les niveaux d'ambition actuels pour réaliser les réductions d'émission requises pendant la prochaine décennie pour respecter l'objectif de 1,5°C, selon le dernier rapport du PNUE. (Aminata Niang)

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