L'opposant hongkongais Joshua Wong, l'un des leaders de la lutte prodémocratie à Hong Kong, a alerté les députés européens sur la situation des droits de l'homme sur place et appelé l'Union européenne à faire pression sur Pékin, lors d'un entretien vidéo avec la sous-commission 'Droits de l’homme' du Parlement européen, lundi 2 décembre.
« Les violences policières sont plus graves que vous ne le pensez », a insisté le jeune militant, dénonçant les exactions commises par les forces de sécurité hongkongaises et l'impunité dont elles font l'objet. « L'UE est fondée sur la défense des droits de l'homme sur son territoire et, en dehors, elle ne doit pas fermer les yeux sur la tragédie à Hong Kong », a-t-il déclaré.
Joshua Wong a attiré l'attention des députés sur les pays « se rendant complices de ces violences » en mettant des équipements antiémeutes à disposition des forces de sécurité hongkongaises. « Je pense que le Parlement européen a les moyens de mettre un terme à l'exportation de ce genre de matériel », a-t-il estimé.
Il a également appelé l'UE à tenir compte de la situation des droits de l'homme lors de la conclusion d'accords commerciaux avec son partenaire chinois. « L'UE doit rester attentive. Lorsqu'elle est courtisée par la Chine, cela a un prix », a-t-il averti.
En réponse à M. Wong, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a rappelé qu'il avait, comme le PE (EUROPE 12299/20), réclamé une enquête sur les violences à Hong Kong. « Il est illusoire de penser que la situation connaîtra un quelconque dénouement tant que Pékin n'acceptera pas de donner une marge de manœuvre aux autorités hongkongaises », a par ailleurs estimé Jonathan Hatwell du SEAE.
La présidente de la sous-commission 'Droits de l’homme', Maria Arena (S&D, belge), quant à elle, a assuré que la sous-commission continuerait à suivre la situation de près. (Agathe Cherki - stage)