Cinq États membres - la France et les quatre pays du groupe de Visegrád (Visegrád 4 ou V4) - ont exprimé leur soutien à des mesures pénalisant les produits importés dans l’UE dont la teneur en carbone serait supérieure aux produits européens, le 28 novembre à Prague. Ce mécanisme d’inclusion carbone serait « un cap important pour appliquer concrètement la transition écologique dans tous les pays de l’Union européenne », estime le Quai d'Orsay.
Dans une déclaration conjointe, les cinq, soit la France, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, sont convenus de continuer à travailler sur les conditions et le cadre de manière à assurer une transition vers une UE neutre pour le climat « juste et socialement équilibrée », tenant « compte de la situation nationale des États membres » et préservant la compétitivité de l’industrie européenne.
Entre autres mesures, les signataires se sont dits « ouverts à discuter, sur la base d’une étude d’impact approfondie, de la création d’un mécanisme d’inclusion carbone aux frontières ».
Cette idée a été formulée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son programme politique. Dans ses lettres de mission à plusieurs membres de son équipe de commissaires, elle les appelle ainsi à s’atteler à la création d’une taxe, ou à appliquer d’autres mesures d'ajustement, sur le carbone à la frontière. Celle-ci préviendrait les retombées négatives de son « Green Deal » sur la compétitivité des entreprises de l'Union. Les produits entrant dans l'UE seraient taxés sur leur empreinte carbone, permettant de rééquilibrer le terrain de jeu de l'industrie de l'UE et d’éviter, par conséquent, toute une « fuite de carbone » (le départ d’entreprises pour des territoires ayant des législations environnementales moins strictes). Toute mesure de ce type devra toutefois être conforme aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). (Hermine Donceel)