La Française Christine Lagarde, qui s'apprête à prendre les rênes de la Banque centrale européenne (EUROPE 12358/6), a défendu, mercredi 30 octobre, la politique des taux d'intérêt très bas, voire négatifs, qui soutient la croissance économique et l'emploi au détriment des épargnants.
« Est-ce qu'on n'a pas finalement bien fait d'arbitrer en faveur de l'emploi, de la croissance, plutôt qu'en faveur de la protection des épargnants ? », a-t-elle demandé au micro de RTL. « On sera plus content d'avoir un emploi plutôt que d'avoir une épargne protégée », a-t-elle ajouté, qualifiant de « salutaire » l'esprit dans lequel la politique monétaire très accommodante de la BCE est menée.
L'ancienne directrice du FMI a par ailleurs estimé que les pays de la zone euro en excédent budgétaire, comme « les Pays-Bas » et « l'Allemagne », n'avaient « pas vraiment fait les efforts nécessaires » en matière de relance budgétaire. « Pourquoi ne pas utiliser cet excédent budgétaire et investir dans des infrastructures ? (...) Pourquoi ne pas investir dans l'éducation, dans l'innovation, pour permettre un meilleur rééquilibrage en présence des déséquilibres actuels ? », a-t-elle poursuivi, reprenant à son compte l'appel du président sortant de la BCE, Mario Draghi, pour que la politique budgétaire prenne le relais de la politique monétaire afin de faire face au ralentissement de la croissance (EUROPE 12356/12). (Mathieu Bion)