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Bulletin Quotidien Europe N° 12360
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Concurrence

La Commission ouvre une enquête approfondie sur le projet d'acquisition de Chantiers de l'Atlantique par Fincantieri

La Commission européenne a décidé, mercredi 30 octobre, d’ouvrir une enquête approfondie afin d'apprécier le projet d'acquisition de Chantiers de l'Atlantique par Fincantieri au regard du règlement de l'UE sur les concentrations (EUROPE 12359/20).

« La Commission craint que l'opération ne réduise la concurrence sur le marché mondial de la construction navale de croisière », explique l’institution.

Pour Margrethe Vestager, commissaire à la Politique de concurrence, la demande de navires de croisière est « en pleine expansion dans le monde entier » et Chantiers de l'Atlantique et Fincantieri sont deux leaders mondiaux. « Nous allons examiner si l'opération envisagée est susceptible d'avoir une incidence négative sur la concurrence dans le domaine de la construction de navires de croisière, au détriment des millions d'Européens qui partent en vacances de croisière chaque année », a-t-elle dit.

La Commission craint que l'opération envisagée « n'élimine » Chantiers de l'Atlantique en tant que force concurrentielle importante sur un marché déjà concentré et soumis à des contraintes de capacité. La Commission a identifié « d'importantes barrières à l'entrée sur ce marché », liées à la très grande complexité de la construction navale de croisière (infrastructures spécifiques, capacités d'ingénierie et de conception bien établies, savoir-faire en matière de gestion des projets pour coordonner des centaines de fournisseurs et de sous-traitants tout au long du processus de construction).

Selon la Commission, il est « peu vraisemblable qu'une entrée sur le marché survienne en temps utile et de manière crédible pour compenser les éventuels effets négatifs de l'opération ». L'opération est susceptible de « réduire de manière significative la concurrence sur le marché de la construction navale de croisière, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix, une réduction du choix et une moindre incitation à l'innovation », selon elle.

La Commission, qui a jusqu'au 17 mars 2020 pour prendre une décision, s’inquiète enfin que « les gros clients ne disposeraient pas d'une puissance d'achat suffisante pour parer à tout risque d'augmentation des prix résultant de l'opération ». (Lionel Changeur)

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