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Bulletin Quotidien Europe N° 12358
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Partager les risques budgétaires est indispensable, même si cela ne peut être dénué de risque d'aléa moral, estime M. Draghi

Le président sortant de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a plaidé en faveur d'une capacité budgétaire pour la zone euro qui n'entraîne pas un aléa moral ('moral hazard') « excessif », lundi 28 octobre.

« Nous avons besoin d'une capacité budgétaire à la taille et aux modalités adéquates : suffisamment dotée pour stabiliser l'union monétaire, mais façonnée de manière à ne pas entraîner un aléa moral excessif », a déclaré M. Draghi à Francfort, lors de la cérémonie de passation de pouvoirs à la Française Christine Lagarde, à laquelle ont assisté la chancelière allemande, Angela Merkel, et les présidents français, Emmanuel Macron, et italien, Sergio Mattarella.

Selon M. Draghi, aucune solution pour le futur budget de la zone euro ne sera parfaite, dans la mesure où, « lorsque les risques sont partagés, l'aléa moral ne peut jamais être réduit à zéro ». En même temps, toutefois, « nous devrions aussi reconnaître que partager les risques peut permettre de réduire les risques », a-t-il ajouté. Selon M. Draghi, la mise sur pied de l'union des marchés de capitaux, qui entraînerait un plus grand partage des risques au sein du secteur privé, réduirait « considérablement » le niveau de risques que le budget de la zone euro aurait à gérer.

Début octobre, à Luxembourg, l'Eurogroupe a progressé dans l'élaboration d'une capacité budgétaire pour la zone euro, même si son financement n'est pas encore finalisé (EUROPE 12346/2).

Lors de la cérémonie, le rôle de la monnaie unique en tant que « symbole de l'irréversibilité du projet européen » qui unit les États et les peuples a été plusieurs fois rappelé, comme l'action exemplaire de la BCE lors de la crise de la dette souveraine consécutive à la crise financière de 2008. La célèbre expression 'whatever it takes', destinée à affirmer la capacité de l'Institut de Francfort à agir en tant que prêteur en dernier ressort, constitue l'héritage principal Mario Draghi. Par ailleurs, en validant la légalité de l'opération 'OMT' de rachat de titres de dette publique, la Cour de justice a estimé que la BCE agissait dans le cadre de son mandat (EUROPE 11336/18).

Dans son discours, la chancelière allemande a insisté sur « l'indépendance » de la BCE par rapport au pouvoir politique. Le président français a demandé que l'union bancaire et la capacité budgétaire pour la zone euro soient parachevées « dans des temps qui demeureront chahutés ».

Prenant les rênes de l'institut monétaire à partir du 1er novembre, Christine Lagarde, à qui M. Draghi a transmis la cloche présidentielle, a souligné que, sous le mandat de M. Draghi, l'euro était devenu « plus populaire que jamais ». (Mathieu Bion)

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