L’Office européen des brevets (OEB) cherche actuellement un moyen pour rendre son système de retraite durable sur le long terme et entrevoit une série de mesures controversées dans les deux prochaines décennies pour atteindre un point d’équilibre financier, dans une étude consultée par EUROPE, lundi 28 octobre.
Selon cette longue étude (plus de 230 pages), publiée au début du mois et menée par les cabinets de consultation Oliver Wyman et Mercer, les prestations de retraite pour l'Office pourraient tripler d'ici 2038 et ne seraient pas entièrement couvertes par les réserves de liquidités de l’Office. Dans un environnement macroéconomique défavorable, un déficit de couverture de 3,6 milliards d’euros pourrait avoir lieu, si rien n’est fait d’ici là, prévoient les auteurs de l'étude.
L’étude suggère donc 17 mesures, débutant dès 2021 et s’échelonnant jusqu’à 2038. Il s’agit, par exemple, de retarder progressivement les départs à la retraite, de réviser le système de progression de carrière pour le remplacer par un système de bonus ou encore de découpler l’indexation des retraites de l’indexation des salaires.
En interne, cette étude, qui vise à alimenter la réflexion du conseil administratif et de la commission des finances et du budget de l’OEB, est controversée. Dans une lettre adressée à la commission aux finances et au budget, consultée par EUROPE, l’association des pensionnés de l’OEB (EPO pensioners association) considère que le déficit de couverture est largement surestimé par l’étude financière et demande des calculs « plus réalistes » avant que le conseil administratif ne fasse de nouvelles propositions en juin 2020. (Pascal Hansens)