Les députés membres de la commission ‘emploi et affaires sociales’ (EMPL) du Parlement européen se sont agacés du flou du programme de la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE dans le domaine social, présenté mercredi 24 juillet par le ministre finlandais de l’Emploi, Timo Harakka, et la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Aino-Kaisa Pekonen.
Durant leur intervention liminaire, les deux ministres ont martelé la nécessité de promouvoir « l’économie du bien-être » au sein de l’UE, pour une transition écologique vers une économie neutre pour le climat, tout en assurant la « durabilité » sociale et économique (EUROPE 12290/15). Pour ce faire, ils ont tous deux insisté sur la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et la prise en compte des objectifs onusiens de développement durable (ODD).
Durant les interventions des députés, nombreux ont été ceux à saluer les objectifs de la Présidence. Mais tout aussi nombreux ont été les eurodéputés à réclamer plus de détails sur le déroulement de la Présidence, à l’instar de Dennis Radtke (PPE, allemand), s'interrogeant sur l’avenir du Fonds d’ajustement à la mondialisation (EUROPE 12215/1), ou de Gabriele Bischoff (S&D, allemande), sur la reprise des négociations relatives au règlement de coordination des systèmes de sécurité sociale (EUROPE 12252/1). Dragoş Pîslaru (RE, roumain) a souhaité en savoir plus sur les modalités concrètes de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux.
D’emblée, les deux ministres ont reconnu la pauvreté de l’agenda législatif, en raison de la période transitoire dans laquelle se situe leur présidence, expliquant qu’il ne reste plus que les deux dossiers législatifs susmentionnés. Dans ces deux cas, ils ont expliqué être tributaires des colégislateurs.
Sur le volet législatif, M. Harakka a rappelé que la Présidence finlandaise était aussi dépendante de la nouvelle Commission européenne en cours de constitution par la future présidente, Ursula von der Leyen. Pour Mme Pekonen, ce qui importe n’est pas tant d’avoir de nouvelles initiatives que de s’assurer de la bonne mise en œuvre des actes législatifs européens en vigueur.
M. Harakka a mentionné le projet de convoquer un Conseil ‘EPSCOFIN’ (EUROPE 12291/12) et la création d'un salaire minimum européen, ainsi que la lutte contre le racisme et la discrimination, des sujets qui seront discutés lors du prochain Conseil ‘Emploi et Politique sociale’ (EPSCO), en plus de conclusions sur le bien-être. Un sommet tripartite se tiendra en octobre, où des membres de la commission EMPL seront conviés.
Les deux ministres ont en outre insisté sur l’importance des négociations sur le Cadre financier pluriannuel (CFP) et de faire en sorte que le volet social du prochain budget européen soit préservé.
La question sociale figure en haut des priorités de la Finlande, qui tiendra en tout et pour tout trois Conseils EPSCO sous son mandat (un en juillet, le prochain, le 24 octobre et un dernier, les 9 et 10 septembre). Une conférence de haut niveau sur l’économie du bien-être est prévue pour le 18 septembre prochain. (Pascal Hansens)