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Bulletin Quotidien Europe N° 12303
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ACTION EXTÉRIEURE / Moldavie

L’UE annonce un nouveau soutien financier de 40 millions d’euros

Le commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, et la Première ministre moldave, Maia Sandu, ont signé trois accords financiers, le 24 juillet à Bruxelles, pour un montant total de 40,25 millions d’euros.

M. Hahn a aussi annoncé la création d’une équipe de projet, au sein de la direction générale ‘NEAR’ de la Commission européenne, « pour activer les compétences et les connaissances dans la Commission et les États membres » afin d’aider la Moldavie dans sa voie de réformes.

Le premier programme, de 23 millions d’euros, a pour objectif de participer au développement socio-économique des régions de Ungheni et Cahul, près de la frontière roumaine. « Nous allons travailler avec les partenaires locaux pour créer plus d’emplois, soutenir les PME locales, les acteurs locaux et la société civile et financer le développement des petites infrastructures », a expliqué M. Hahn, ajoutant que l’objectif était de réduire les écarts de développement avec la capitale. Selon lui, ce programme permettra de renforcer la gouvernance locale.

Le deuxième programme fait la promotion de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes et des échanges internationaux d'étudiants par le biais du programme Erasmus+ et financera davantage de possibilités de mobilité pour les chercheurs moldaves. Il est doté de 9,25 millions d’euros.

Enfin, le troisième programme, de 8 millions d’euros, vise à accroître le niveau de participation des citoyens au processus décisionnel et à renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption. Ce programme comporte des actions ciblées sur l’éducation à l’intégrité et la lutte contre la corruption, afin que les citoyens s'impliquent davantage dans le contrôle des institutions publiques, a précisé M. Hahn.

La Première ministre a confirmé que la corruption était « le principal problème » dans son pays.

Plus tôt dans la journée, devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Mme Sandu avait déjà insisté sur ce point. « Les défis principaux sont la réforme du système judiciaire et la mise en place d’une institution pour lutter contre la corruption », avait-elle souligné, rappelant qu’il fallait « tout reconstruire sur les cendres de l’oligarchie ». La Première ministre avait particulièrement mis l’accent sur la réforme de la justice. « Un grand nombre de personnes dans le système judiciaire sont corrompues, politisées ; donc, c’est un défi important », avait-elle insisté. 

Hasard du calendrier, le même jour, le GRECO, l’organe anti corruption du Conseil de l’Europe, a appelé les autorités moldaves à intensifier leurs efforts de mise en œuvre des mesures visant à prévenir la corruption à l'égard des parlementaires, juges et procureurs.

Tout reprendre à zéro

Devant les députés européens, Mme Sandu a énuméré les terrains d’actions pour son gouvernement : « Il faut créer un bureau du procureur efficace, lutter contre la corruption, avoir un système judiciaire juste, mettre un terme aux trafics, aux fausses entreprises qui engendrent une atmosphère propice à la corruption, il faut réformer les soins de santé et l’éducation ». Selon Mme Sandu, son gouvernement repense les politiques dans la plupart des secteurs.

Elle était revenue sur la fraude bancaire, découverte en 2015. L’équivalent de 12% du PIB du pays a disparu des banques. « Pas un centime n’a été récupéré et personne n’a été sanctionné », a-t-elle dénoncé, alors que « tout le monde dans le pays sait qui a volé l’argent ». La Première ministre avait souhaité la coopération des États membres dont certaines banques auraient récupéré une partie des fonds et pour aider son pays à lutter contre le blanchiment d’argent.

« Nous voulons devenir un partenaire prévisible et viable (…) Nous voulons voir la Moldavie comme un pays européen, pas uniquement dans les mots, mais au quotidien », a-t-elle souligné, expliquant que l’objectif était, à terme, une adhésion à l’UE. 

Plusieurs députés se sont inquiétés de la solidité de la coalition, qui regroupe des pro-Européens et des pro-Russes. Et Mme Sandu n’a pas été très convaincante. Elle a rappelé que les partis n’avaient pas eu beaucoup de temps pour discuter du programme du gouvernement, car l’objectif était de trouver rapidement un accord pour renverser le gouvernement précédent. Elle a elle-même estimé qu’il était difficile d’évaluer combien de temps cette coalition va tenir, espérant cependant qu’elle restera suffisamment longtemps en place pour engager les réformes nécessaires.

Voir le rapport du GRECO : https://bit.ly/2Grgq0z  (Camille-Cerise Gessant)

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