Mardi 23 juillet, les eurodéputés membres de la commission du développement régional (REGI) du Parlement européen se sont montrés plutôt soucieux devant la ministre finlandaise aux Affaires économiques, Katri Kulmuni, face aux ambitions, notamment budgétaires, de la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE.
Bien que Mme Kulmuni ait assuré dans son propos liminaire l’entier engagement de la Présidence finlandaise en faveur d’un « accord équilibré » pour le budget du prochain cadre financier pluriannuel (CFP), les députés n’ont pas semblé convaincus. Les salves les plus acerbes sont venues des députés d’Europe du Sud et de l’Est, qui n’ont pas manqué de rappeler les positions dures de la Finlande en tant que contributeur net.
Ainsi, l’ancien corapporteur du règlement portant dispositions communes, Andrey Novakov (PPE, bulgare), s’est interrogé sur la quasi-absence de la mention de la politique de cohésion dans le programme de la Présidence.
Il est vrai que la cohésion ne fait l’objet que d’un seul paragraphe à la fin du programme. Paragraphe, qui plus est, comme le note M. Novakov, qui mentionne explicitement la réduction des fonds en fonction des progrès régionaux.
Un non-sens pour le député Tamás Deutsch (PPE, hongrois), qui considère qu’une telle approche revient à sanctionner les régions vertueuses et efficaces qui ont fait des progrès substantiels durant le dernier mandat.
L’Espagnole Cristina Maestre Martín de Almagro (S&D), de son côté, a rappelé le défi que constitue le dépeuplement qui frappe de nombreuses régions de son pays. Francesca Donato (ID, italienne, de son côté, a rappelé combien les régions du sud de l’Italie, notamment la Sicile, sont les plus démunies, aussi face aux effets du changement climatique.
Le président de la commission lui-même, Younous Omarjee (GUE/NGL, français), a déploré l’absence d’un Conseil 'Affaires générales' entièrement dédié à la Cohésion et l’inexistence de réunion informelle sur le sujet dans le programme de la Présidence finlandaise.
Marquer des progrès, pas un accord
Mme Kulmuni est restée vague sur le niveau d’ambition budgétaire de la Présidence finlandaise, répétant qu’elle cherchera un accord « équilibré » entre nouvelles et anciennes priorités. Elle a insisté sur la volonté de la Présidence d’aller vite dans les négociations du CFP et s’est dite prête à ouvrir les négociations sur le règlement portant dispositions communes dès septembre, si le Parlement européen l’est également.
À ce titre, elle a expliqué que c’est précisément parce que la Présidence finlandaise veut progresser sur les trilogues (négociations interinstitutionnelles entre le PE et le Conseil) qu’elle n’a pas programmé de réunion informelle. Si les progrès en trilogues sont réels, la Présidence finlandaise convoquera un Conseil 'Affaires générales' dédié à la politique de cohésion.
Il est à noter que, tout du long de la réunion, Mme Kulmuni a parlé de faire avancer les négociations, mais n’a jamais indiqué viser un accord.
Région arctique. Par ailleurs, Mme Kulmuni a mis en avant la nécessité d’investir dans la région arctique pour en tirer profit sur le plan économique. Des propos qui ont agacé parmi les députés, certains s’inquiétant de la nature même de cette « exploitation économique » et de son incidence environnementale, à l’instar de Niklas Nienass (Verts/ALE, allemand), d’autres insistant sur la nécessité de prendre en compte l’intégralité des régions périphériques et insulaires, comme Raffaele Fitto (CRE, italien). (Pascal Hansens)