Au nom de la délégation La France insoumise (LFI) au Parlement européen, la Française Manon Aubry a présenté, mardi 2 juillet à Strasbourg, ses « douze combats » pour le mandat législatif qui s'ouvre au niveau européen. Cette série d’axes stratégiques a été soumise au groupe de la GUE/NGL du PE, lundi 1er juillet, qui devrait se les approprier dans le courant de la semaine.
Ainsi, figurent parmi les propositions les plus emblématiques celle de renforcer l’initiative citoyenne européenne (ICE) en obligeant la Commission européenne à lui donner une suite législative, ainsi que l’inscription dans les traités du droit de révoquer les élus et responsables européens. Par ailleurs, la délégation veut rompre avec les règles budgétaires inscrites dans le Pacte de stabilité et de croissance.
Sur la question écologique, LFI appelle à un vaste plan de sortie du nucléaire et du charbon pour atteindre un mix énergétique 100% renouvelable d’ici 2050. Pour faciliter cette transition, les députés français suggèrent d’introduire une « taxe écologique et sociale » aux frontières de l’UE afin de lutter contre la concurrence internationale déloyale. Ils veulent réorienter la politique agricole commune pour subventionner les petites exploitations et le bio « plutôt que les monocultures polluantes » et interdire les pesticides, en l’occurrence le glyphosate.
Par ailleurs, Manon Aubry défend le développement d’un vaste plan de sauvegarde de la biodiversité en Europe et, dans ce cadre, souhaite faire adopter une « Charte européenne des droits des animaux ».
En matière de moralisation de la vie politique, les eurodéputés veulent interdire à tout dirigeant et fonctionnaire de servir les intérêts des banques et des multinationales pendant une durée 10 ans suivant la fin de leur fonction.
La délégation LFI veut lutter contre les paradis fiscaux au sein de l'Union européenne, un cheval de bataille de Manon Aubry. Elle cite comme exemples « notoires » le Luxembourg et l’Irlande et veut imposer un taux minimum d’impôt sur les sociétés.
Sur le volet social, LFI propose d’introduire un SMIC dans chaque État membre à hauteur de 75% du salaire médian et de supprimer la directive relative aux travailleurs détachés. Concernant l’accueil des migrants, elle suggère la création d’un corps européen civil de secours et de sauvetage en mer et la suppression de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (ex-Frontex).
Pour finir, doit être inscrit dans le droit de l'UE le mariage entre personnes de même sexe.
Cette série de points stratégiques répond à l'agenda stratégique du Conseil européen pour le prochain cycle institutionnel (EUROPE 12279/1). Il s’agit aussi d’une réponse à la réflexion en cours au PE sur les priorités stratégiques de l'UE, à laquelle le groupe de gauche radicale n’a pas été convié (EUROPE 12273/17). (Pascal Hansens)