Le président du Comité militaire de l'Union européenne, le général Claudio Graziano a souligné, mardi 21 mai, la nécessité d’avoir davantage de moyens pour l’opération EUNAVFORMed Sophia.
« Il a été dit que nous devons accroître notre haute surveillance, par le biais de vecteurs volants et accroître le soutien au renforcement des capacités de la marine et poursuivre le suivi de la situation en mer », a-t-il souligné à l’issue de la réunion du Comité militaire.
Si l'opération navale EUNAVFORMed Sophia a été prolongée jusqu’au 30 septembre prochain, ses moyens maritimes ont été suspendus (EUROPE 12223/19).
Les moyens aériens sont toujours utilisés, mais ils sont limités. Seuls six avions (italiens, français, polonais, néerlandais et espagnol) participent à l’opération. Pourtant, « le mandat est toujours le même, celui de détruire les réseaux de trafiquants d'êtres humains », a rappelé le général.
La génération de forces, qui devait se tenir fin avril, a été reportée. Elle devrait finalement avoir lieu début juin.
Il y a quelques jours, avant le Conseil Affaires étrangères 'Défense' du 14 mai, une source européenne avait expliqué que l’opération Sophia était « dans les consciences ». « On sait que l’on doit y revenir, [mais ce n'est] pas à l’ordre du jour », avait-elle expliqué.
Selon le général, malgré les combats en cours en Libye, les gardes-côtes libyens continuent d’opérer en mer. « En ce moment, les gardes-côtes libyens travaillent en mer », a-t-il confirmé. 355 gardes-côtes et membres de la marine libyenne ont déjà été formés par l’UE et, selon une source européenne, un nouveau cycle de formation devrait bientôt avoir lieu, les candidats étant actuellement en phase de vérification (vetting process).
Alors que le respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye fait partie des missions d’EUNAVFORMed Sophia, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a dénoncé, le 21 mai, les violations de cet embargo. « Sans un mécanisme d'application robuste, l'embargo sur les armes en Libye deviendra une blague cynique. Certaines nations alimentent ce conflit sanglant ; les Nations Unies devraient y mettre un terme », a-t-il plaidé devant le Conseil de sécurité. (Camille-Cerise Gessant)