login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12260
Sommaire Publication complète Par article 10 / 27
Élections européennes - PE2019 / DÉfense

Les partis politiques européens, à l’exception de l'extrême gauche, soutiennent l’Europe de la défense

L’Union européenne a relancé, depuis quelques années, l’Europe de la défense, avec le lancement de la coopération structurée permanente, le programme de développement EDIDP, le futur Fonds européen de défense ou le renforcement de la coopération avec l’OTAN. 

Bien que le pouvoir du Parlement européen sur le sujet soit limité, les principaux partis politiques européens – Parti de la gauche européenne (PGE), Parti socialiste européen (PSE), Parti vert européen, Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), Parti populaire européen (PPE) et Alliance des conservateurs et réformistes européens (ACRE) – donnent, dans leurs manifestes, leurs visions de cette Europe de la défense. 

Tous soutiennent son essor, hormis le PGE, qui refuse « totalement l’Union de la défense et l’escalade vers la militarisation » de l’UE. L'extrême gauche privilégie un investissement social plutôt que « les opérations d’expansion militaire dissimulées sous le prétexte de la ‘Coopération pour la défense et la sécurité de l’Union et de ses citoyens’ ». Elle appelle à « résister aux politiques d’armement conçues pour militariser l’Union » et à retirer les fonds investis dans l’armement. Le PGE soutient également la suppression de l’OTAN. 

Le PSE et les Verts se disent ouverts à la politique commune de sécurité et de défense et à une mise en commun des ressources au niveau européen, mais les Verts s’opposent à ce que des fonds européens soient investis à des fins militaires. 

Les libéraux soutiennent, « à long terme », « plus d’interpénétration et d'interopérabilité des forces européennes », tout en rappelant que l’OTAN « reste la colonne vertébrale de la coopération militaire et le garant de la défense collective pour l’Europe »

L’ACRE met aussi l’accent sur l’OTAN, soulignant que le renforcement de la coopération européenne ne doit pas diminuer l’Alliance. Selon les conservateurs, l'acquisition de matériel militaire entre les États membres est une nécessité. 

Pour le PPE, l’Europe doit prendre « de manière accrue sa sécurité militaire en mains ». Le parti estime qu’en regroupant les capacités militaires des États membres, une réelle capacité de défense sera créée d’ici 2030. Les chrétiens-démocrates font de nombreuses propositions, telles que le développement d’un drone européen ou la création d'une brigade européenne pour lutter contre les cyberattaques. Sans parler de ‘brigade’, les libéraux appellent également au renforcement de la capacité des États membres et des institutions de l’UE à se défendre face aux menaces hybrides, telles que la désinformation, le cyberespionnage, les cyberattaques et les cybercrimes. 

Si aucun manifeste ne mentionne une future armée européenne, lors d’un débat entre candidats têtes de liste ('Spitzenkandidaten'), début mai à Florence, les candidats du PPE, l'Allemand Manfred Weber, et surtout de l'ALDE, le Belge Guy Verhofstadt, s'étaient exprimés en faveur d'un tel projet de long terme (EUROPE 12246/2). 

« La plus grosse perte d’argent, dans l’UE, est la façon dont nous organisons le secteur militaire », avait dit ce dernier, préconisant « une armée européenne » forte « de 20 000 hommes en 2024 ». Pour M. Weber, la création d’une telle armée rendrait totalement impensable une guerre. 

Mais le candidat du PSE, le Néerlandais Frans Timmermans, avait mis en garde contre les fausses promesses. Selon lui, « nous n’aurons pas d’armée européenne de sitôt ». « Il y a un manque d’accord sur la politique étrangère, comment pouvez-vous parler d’armée européenne ? », avait-il argumenté. Quant à la candidate du PVE, l'Allemande Ska Keller, elle avait émis des doutes sur la gouvernance d'une armée européenne : qui donnerait son accord pour une intervention, le président de la Commission ? Le Parlement ? (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

REPÈRES
Élections européennes - PE2019
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
JEUNESSE
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES