Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a critiqué, jeudi 9 mai, l'évaluation « décourageante » qu'a faite la Commission européenne sur la situation économique et budgétaire de l'Italie dans ses prévisions économiques de printemps présentées en début de semaine (EUROPE 12249/6).
« Ce sont les analyses de la Commission européenne qui sont décourageantes, pas les chiffres de notre économie », a-t-il estimé en marge du sommet européen de Sibiu sur l'avenir de l'Union européenne à vingt-sept (EUROPE 12251/1).
Faisant état au contraire de signaux encourageants observés au premier trimestre concernant « la production industrielle et le chômage », M. Conte a jugé « très pessimiste » l'opinion de l'institution européenne selon laquelle les mesures contenues dans le budget 2019 italien, et notamment la création d'un revenu minimum et la réforme des retraites, ne produiront aucune croissance supplémentaire au cours du trimestre à venir.
À politique inchangée, la Commission table sur une croissance du PIB italien de 0,1 % en 2019 et de 0,7 % en 2020. Surtout, le déficit public italien, qui s'est élevé à -2,1 % du PIB en 2018, pourrait s'accroître à -2,5 % du PIB et -3,5 % en 2020. Rome s'est engagée à prendre des mesures correctives, telles qu'une hausse de la TVA, en cas de dérapage du déficit, espéré côté italien à 2,04 % du PIB en 2019. Quant à la dette publique, elle pourrait passer de 132,2 % à 133,7 % du PIB entre 2018 et 2019, puis 135,2 % en 2020.
En juin, après les élections européennes, la Commission présentera ses recommandations de politique socio-économique pour les pays de la zone euro sur la base de leurs programmes nationaux de stabilité et de croissance qui lui ont été transmis fin avril. (Mathieu Bion)