login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12252
Sommaire Publication complète Par article 10 / 20
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La Fondation européenne pour le climat déçue par les conclusions du sommet de Sibiu

Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation européenne pour le climat (ECF), a exprimé sa déception, vendredi 10 mai, face au manque d’ambition climatique de la Déclaration de Sibiu adoptée, la veille, par les vingt-sept dirigeants de l’Union européenne (EUROPE 12251/1). 

« J’ai lu la Déclaration et c’est un peu décevant. Même si je n’avais pas beaucoup d’attentes, ça m’a surpris de voir la modestie, si je puis dire, ou l’humilité dans la lutte contre le changement climatique dont il a été question lors de ce sommet », a-t-elle ainsi déploré, lors d’une rencontre avec la presse à Bruxelles. Selon elle, ce sommet est une « occasion manquée ». 

À ses yeux, cela démontre la dissonance qui persiste entre, d’une part, les demandes de mesures ambitieuses pour lutter contre les dérèglements climatiques émanant de la société civile, notamment des jeunes, et, d’autre part, les discussions entre les États membres qui ne répondent pas suffisamment à ces demandes. 

Mme Tubiana a également relevé les différences qui existent entre les États membres, regrettant qu’à côté d’un groupe de pays plus progressistes dans ce domaine – la ‘Coalition des plus ambitieux’ (EUROPE 12250/2) – d’autres continuent de « traîner les pieds », en particulier l’Allemagne. 

En outre, même si elle a salué les progrès effectués au cours des cinq dernières années, la directrice de l'ECF a considéré que, lorsqu’on se penche sur les dynamiques des institutions européennes, force est de constater que le Conseil de l’UE n’a jamais été à l’avant-garde en matière d’environnement. Selon elle, c’est le Parlement européen qui « pousse » le plus pour que l’UE occupe une véritable position de leader mondial sur les sujets environnementaux, alors que « les dynamiques au Conseil sont au point mort ». 

Mme Tubiana explique cela notamment par le fait qu’à l’approche des élections, les partis politiques européens ont réalisé que les dérèglements climatiques sont devenus une préoccupation majeure pour de nombreux citoyens et qu’il leur est donc impossible d’éluder ce sujet s’ils veulent être élus. À ses yeux, alors que le sujet des migrations a dominé l’agenda politique depuis 2015, la question climatique est désormais de plus en plus centrale. 

Justice sociale. Interrogée sur le mouvement des Gilets jaunes en France, elle a insisté sur l’importance cruciale de lier transition climatique et justice sociale, précisant que la taxe carbone, si elle n’est pas compensée, est une « taxe très régressive du point de vue du revenu ». 

Selon elle, le mouvement des Gilets jaunes montre que « personne ne peut imaginer avoir une politique climatique forte, rapide et énergique sans faire passer la justice sociale en premier ». Et de préciser : « Les Gilets jaunes ne sont absolument pas un mouvement anti-environnement [...] Leur slogan principal était la justice sociale. » 

Enfin, Mme Tubiana a appelé le Conseil européen des 20 et 21 juin à enregistrer de réelles avancées sur les enjeux climatiques, convaincue que, sous la pression de la jeunesse allemande, un changement d’attitude de Berlin peut être espéré. (Damien Genicot - stage)

Sommaire

SOCIAL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
BRÈVES
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit
CALENDRIER
CALENDRIER BIS